‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 101 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE. XII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE. XII

Le défaut de développement intellectuel se manifeste'chez eux par l'a manière grossière dont sont faits leurs vêtemens, leurs instrumens et leurs cabanes , et par le défaut de préparation de leurs alimens. Il se manifeste surtout par une absence complète d'étonnement et de curiosité ; leur stupidité est telle , qu'elle a frappé tous les voyageurs qui les ont visités (i). On ne peut pas dire cependant que c'est la chaleur du climat qui éteint en eux toute curiosité, puisqu'il y tombe de la neige dans la plus belle saison de l'année ; que les indigènes ne peuvent jamais s'y passer de feu, et que des Européens y sont morts de froid au milieu de l'été (â).

A l'autre extrénflté du continent américain , on trouve des peuplades qui viven presque uniquement sur les produits de la pèche; ce sont les Esquimaux. Ces peuplades, quoique placées sous une latitude très-élevée, sont un peu moins stupides que les habitans de la terre de Feu. Leurs habits , faits de peaux de veaux marins, de bètes fauves, et quelquefois même de peaux

(1) Bougainville , Voyage autour du monde, première partie, ch. ix, tome I, p. 196. — ■ Cook, premier voyage, liv. 1, ch. ht, tome II, p. 3a 1. — Wallis , Voyage autour du monde, ch. 11, tome II, p. 47-

(2) Cook, premier Voyage, liv. 1, ch. v, tome II, p. 34 1 , et deuxième Voyage, ch. v,t. V, p. ao5. • — Bougainvilie ? Voyage autour du monde , première partie , ch. ix, tome I , p. 198. — Wallis, Voyage autour du monde, ch. 11, tome II, pages 65 et 66.

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d'oiseaux terrestres et aquatiques , sont bien cousus y et les mettent à l'abri de l'intempérie du climat (4). Les huttes, creusées sous terre y grossièrement faites, et dans lesquelles on ne peut entrer qu'en rampant sur le ventre , sont cependant plus propres à mettre les habitans à l'abri du froid (2). Enfin > ces peuples fabriquent avec beaucoup d'adresse les instrumens dont ils ont besoin pour subsister. S'ils sont moins barbares que les habitans de la terre de Feu, ils ne sont pas séparés comme eux du continent par un détroit qui les isole du reste du globe; ils habitent une terre moins dépourvue d'animaux et se procurent plus aisément leur subsistance ; ils ont à se livrer à des exercices pliS variés , et ont un peu plus de •temps pour s'exercer et pour réfléchir; je n'ajouterai pas qu'ils appartiennent à une espèce différente , parce que cette circonstance rne paraît ici sans influence.

Quelques-unes des peuplades qui habitent la partie nord de l'Amérique , depuis le soixantehuitième degré jusque vers le quarante-huitième,

(1) Ellis, Voyage à la baie d'Hudson, p. 177 et 178.

(2) Mackenzie , premier Voyage dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale, ch. iv, t. II, p. 23.

Raynal assure que les Esquimaux passent l'hiver sous des huttes construites de cailloux liés entre euxparun ciment de glace; et que la chaleur de leur haleine , jointe au feu d'une lampe suffit pour changer leurs cases en dtuves. Voilà, sans contredit , des étuves bien cimentées. Histoire philosopha des deux Indes, t. VIII, liv. xvn, p. 35<).

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