‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 110 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XIII. 2l · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIII. 2l

sont faites de jonc (1). Enfin > on n'a vu dans l'île tout entière que trois ou quatre pirogues construites de plusieurs morceaux de bois joints ensemble, très-mauvaises , et capables tout au plus de porter trois ou quatre personnes" (â).

Les peuples de la Nouvelle-Zélande habitent un climat froid comparativement à ceux qui sont placés entre les tropiques 3 et même aux habitans de l'île de Pâques ; la distance qui les sépare des habitans des îles de la Société est d'environ vingt degrés de latitude. Ils appartiennent à la même espèce d'hommes , parlent la même langue, et sont pourvus des mêmes instrumens ; il y a cependant entre le développement intellectuel des uns et des autres une immense différence. Les peuples de la Nouvelle-Zélande savent faire des pirogues; ils cultivent la terre et construisent des fortifications pour se mettre à l'abri des invasions de leurs ennemis (3) . Mais ils sont, presque sur tout, tellement inférieurs à la plupart des peuples qui habitent entre les tropiques, qu'on ne peut établir entre eux aucune analogie, Ils n'ont pour habitations que de petites cabanes pleines de fumée et d'ordures ; ils portent des vètemens très-mauvais, très-sales et couverts de vermine. Ils sont eux-mêmes couverts

(1) La Pérouse, tome II, ch. iv, p. 101.

(2) Clook, deuxième Voyage, tome III, ch. ni, p. 147.

(3) Cook, premier Voyage , tome III, liv. n, ch. m , iv et XI> P- 79 > i44 et 34o. — Troisième Voyage, tome I , liv. 1, ch. vin, p. 32,

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d'un tel amas d'ordures , qu'il est impossible de discerner la couleur de leur teint, et qu'ils exhalent une puanteur horrible (1). Ils se nourrissent des alimens les plus grossiers , dévorant le poisson et la viande pourris ; ils s'abreuvent de l'huile rance de veau marin avec une telle avidité, qu'en vidant les lampes du capitaine Cook , ils en avalaient les mèches enflammées (â) ; enfin , il n'est pas jusqu'à la vermine qui les couvre qui ne leur serve d'alimens(3). Du reste, ils voyaient les équipages européens sans étonnement et sans curiosité, et ils n'ont pas su cultiver les plantes semées dans leur île, quoiqu'ils les aiment passionnément (A).

Les indigènes deia terre de Van-Diemen, placés sous la même latitude que la partie la plus australe de la Nouvelle-Zélande, mais appartenant à une variété de l'espèce nègre , ont l'intelligence moins développée encore. Aussi dépourvus de curiosité que ceux de la terre de Feu , et paraissant encore plus stupides , ils n'ont aucune idée de la culture de la terre, quoique placés

(1) Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, t. II, livn, ch. iv, p. 445.

(2) Anderson, troisième Voyage de Cook, tome I, liv. 1, ch. vnr, p. 33 1 et et 332.

(3) Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, t. I, ch. vin, p. 424 et 439.

(4) Cook, troisième Voyage, t. I, liv. 1, chnp. vu, p. 259 et 290.

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