LIVRE III, CHAPITRE XIII
sur un sol très-fertile (4). Sans cesse errans sur le rivage de la mer , ils n'ont pour vivre que des coquillages et quelques poissons qu'ils prennent avec de grandes difficultés. Ils s'abreuvent , sans répugnance, de l'eau la plus croupie et la plus bourbeuse (2). Complètement nus, quoique sous un climat où les hivers sont rigoureux, ils sont sans cesse exposés aux injures du temps et aux piqûres des insectes les plus venimeux. Ils sont déchirés par les broussailles à travers lesquelles ils passent, et dévorés de vermine dont ils se débarrassent en la mangeant (5). Leurs habitations consistent en quelques misérables abatvents faits d'écorce , ou elles sont formées dans les troncs des arbres au moyen du feu (A). Leurs pirogues ne sont que des radeaux formés au moyen de quelques faisceaux d'écorce d'arbres (5);
(1) Anderson, troisième Voyage de Cook, tome I. liv. i, ch. vi, p. 23a et 233.
(2) Dentrecasteaux, Voyage à ,1a recherche de La Pérouse, tome I, ch, iv, p. 56. — Cook troisième Voyage, t. I, liv. 11, ch. vi. p. 199. — Labillardière , Voyage à la recherche de La Pérouse , tome I, ch. v, p. 167 ; et tome II, ch. x et xi ,
(3) Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. xi p. 229. — Labillardière, tome II, ch. x p. 35. et 5o. — Péron, Voyage de découvertes aux terres autrales, tome I, liv. m, ch. xn p. 229 et 23o.
(4) Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, liv. m, p. 448. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, 1. 1, ch£ iv , p. 61.
(5) L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres aust.,
2l8 TRAITÉ DE LÉGISLATION*
leurs meubles, un panier fait également d ecorce, un sac fait d'algues marines, un casse-tête grossièrement fait, et un bâton pointu qu'ils lancent avec maladresse et à une petite distance (4 ) . Leurs villages ne se composent jamais que de trois ou quatre habitations temporaires, chacune desquelles peut abriter trois ou quatre personnes. Enfin, ces hommes n'ont ni gouvernement, ni chefs ; ils vivent dans une parfaite indépendance les uns des autres. Ils sont faibles, soupçonneux et méchans : ce sont , dit Péron , les enfans de la nature par excellence (2).
Les habitans de la Nouvelle-Hollande , plus rapprochés del'équateur, et appartenant à d'autres variétés delà même espèce, ont l'intelligence un peu plus développée. Ils ne manifestent pas plus de curiosité que ceux de la terre de Van- Diemen , et ne reçoivent pas avec moins d'indifférence les présens qu'on leur fait (3) ; ils ne sont pas moins étrangers à la culture de la terre , et ne connaissent pas mieux Fart1 de se vêtir; mais
liv. ii ch. i, p. 44 et 6i. — Dentrecasteaux, tome I, ch. iv, p. 93. — Labillardière, tome I, ch, v, p. 184 et i85.
(1) Péron, tome I, liv. ni, ch. xin , p. 269. — Dentrecasteaux, tome I, ch. iv, p. 56. — Labillardière , tome I, ch. v> p. 177. — Cook, troisième Voyage , tome I , liv. 1 , ch. vi, p. 200. — Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. i,ch. vi, tome I, p. 232.
(2) L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres aust., liv. 11 , ch. 1 , p. 43. — Péron , voyage de découvertes aux terres australes, tomel, liv. ni, ch. xx, p. 448.
(3) Cook, premier Voyage, tome IV, liv. 111, ch. vi, p. 1 /»