‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 112 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIII

ils sont un peu moins malhabiles à se procurer des alimens , à former leurs pirogues , leurs huttes et leurs armes. Leurs hordes sont un peu plus nombreuses , et on trouve chez eux un premier germe d'organisation sociale, puisqu'ils reconnaissent des chefs. Ceux qui vivent sur les rivages de la mer, en tirent la principale partie de leurs subsistances ; mais ils connaissent de plus que les habitans de la terre de Van-Diemen, l'usage de l'hameçon, l'art de fabriquer des filets, et de construire des digues ou des chaussées qui retiennent le poisson à la descente de la marée (A). Ils ajoutent aux subsistances que leur fournit la pêche , celles qu'ils peuvent se procurer par la chasse ; ils vont prendre sur les arbres les animaux qui s'y réfugient , ou le miel que les abeilles y déposent ; ils y grimpent en faisant des entailles sur le tronc (â). Ils creusent dans la terre des cabanes dans lesquelles ils entrent en rampant , et se mettent ainsi à l'abri du froid , des ardeurs du soleil , et des piqûres des insectes (3). Leurs pi~

— Péron, Voyage aux terres australes, tome II, livre v, chapitre xxxviii, p. 372.

(1) L. Freycinet , Voyage de découvertes aux terres aust., liv. 11, ch. iv et v, p. 148 et 162. — Péron , Voyage de découvertes aux terres australes, tome II, liv. iv, ch. xxvn, p. i5i. — Dampier, nouveau Voyage autour du monde, t. II, ch. xvi, p. 143. ^— Phillip., Voyage à Botany-Bey , ch. xiv ,

(2) White, Voyage à la Nouvelle-Galles du sud, p. i35.

(3) Péron, Voyage aux terres australes , tome II, Hv. iv, ch. xxx, p. 207 et 214.

rognes en écorce peuvent porter jusqu'à trois personnes 3 et ils en font même , à l'aide du feu et en creusant des troncs d'arbres ? qui ont jusqu'à quatorze pieds de longueur (4). Leurs armes, quoique grossières , sont plus dangereuses (â). Enfin , ils ont fait quelques progrès dans la numération : ils peuvent compter jusqu'à quatre (5). Péron, qui a pu comparer par lui-même ces peuples à ceux de la terre de Van-Diemen, a trouvé que ceux-ci leur étaient inférieurs sous beaucoup de rapports.

« Pour ce qui concerne l'état social, dit-il, les habitans de la Nouvelle - Hollande sont, à la vérité , tout-à-fait étrangers encore à la culture des terres , à l'usage des métaux ; ils sont comme le peuple de la terre de Van-Diemen, sans vêtemens, sans arts proprement dits, sans lois, sans culte apparent, sans aucun moyen assuré d'existence, contraints comme eux d'aller chercher leur nourriture au sein des forêts , ou sur les rivages de l'Océan. Mais déjà les premiers élémens de l'organisation sociale se manifestent parmi eux : les hordes particulières sont composées d'un plus grand nombre d'individus ; elles ont des chefs ;

(i) Cook , premier Voyage , tome III, liv. m, chap. i, p. 400 ; et tome IV, ch. vi , p. i5o, et i6i. — L. Freycinet, Voyage de découvertes, liv. n, ch. îx, p. 2g3.

(a) Dampier, nouveau Voyage autour du monde, tome II, ch. xvi, p. i43.

(3) L. Freycinet, Voyage de découvertes aux 'terres aust., liv. 11, ch. ix, p. 294.

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