‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 113 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIII

les habitations, quoique bien grossières encore, sont plus multipliées , mieux construites ; les armes sont plus variées et plus redoutables, la navigation est plus hardie , les canots sont mieux travaillés ; les chasses plus régulières ; les guerres plus générales. Le droit des gens n'y est déjà plus étranger. Enfin, ces peuples ont assujetti le chien, il est le compagnon de leurs chasses , de leurs courses, et de leurs guerres (i). »

Les habitans de la Nouvelle-Calédonie , qu'on a jugé appartenir à la même espèce que les habitans de la terre de Van-Diemen, et qui sont plus rapprochés qu'eux de l'équateur d'environ vingttrois degrés , sont aussi bien moins barbares : ils ont déjà fait beaucoup de progrès dans l'agriculture. Non -seulement ils ont partagé la terre entre eux, mais les peines qu'ils prennent pour la fertiliser, paraissent même excéder celles qu'on prend dans des îles où les habitans sont plus avancés. Ils construisent des murs dans les montagnes pour prévenir l'ébouïement des terres , comme les peuples de l'Asie mineure et de plusieurs contrées de l'Europe (â). Ils tracent des sillons pour conduire l'eau dans les lieux où elle manque (3). Enfin , ils mettent dans la fabrica-

(1) Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, 1. 1, liv. in, ch. xx, p. 45o.

(2) Labillardière , Voyage à la recherche de La Pérouse, tome II, ch. xm, p. 198.

(3) Cook, deuxième Voyage, tome IV , ch. vin, p. 4^4 > 447» 4 5i et 4^2. — Dentrecasteaux , Voyage à la recherche

tion de leurs armes beaucoup d'intelligence, quoiqu'ils ignorent. l'usage de l'arc (1).

Les habitans de Tanna , voisins de ceux de la Nouvelle-Calédonie et appartenant à la même espèce , ont également tourné leur industrie vers l'agriculture et la pêche. Leurs pirogues -3 leurs lances , leurs massues, leurs nattes et leurs étoffes sont grossièrement faites , et participent à la rudesse de leur situation (2). Ils se donnent cependant beaucoup de peine pour défricher la terre, et pour en améliorer les productions; ils mettent dans leurs travaux toute l'intelligence que comporte la grossièreté de leurs instrumens. Ils tirent de la terre presque tout ce qui leur est nécessaire pour leur subsistance ; ils soignent bien leurs arbres ; ils environnent de murailles leurs plantations (5).

Les habitans des Nouvelles - Hébrides ,, plus rapprochés de l'équateur et appartenant à la même espèce , ont fait plus de progrès dans leur industrie. Ils construisent des canots qui peuvent suivre pendant long -temps les meilleurs de nos vaisseaux, et qui ne marchent pas moins vite (A).

de la Pérouse, tome I, ch. vi, p. 3$6. — Labillardière, t. II,

ch. XIII, p. 212.

(1) Labillardière, tome II, ch. xm, p. 247.

(2) Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. vi, p. 356.

(3) Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. v et vi, p. 232 , 259, 292 et 336. — Forster, ibùL, p. 271.

Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. m, p. 126.

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