‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 116 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIV

fleuves nombreux et immenses qui en sortent de tous côtés.

Au nord de ce vaste plateau , est une région encore plus vaste ; c'est la Sibérie ou l'Asie septentrionale, qui s'étend depuis le cinquantième degré jusqu'à la mer glaciale. Cette région arrosée, par des fleuves nombreux , est aussi froide et non moins stérile que IWsie centrale. Les vents y sont toujours glacés, parce qu'ils n'y arrivent qu'après avoir traversé la mer Glaciale, ou après avoir parcouru les neiges dont les montagnes sont éternellement couvertes.

La région orientale se confond insensiblement avec le plateau central, et se divise elle-même en trois parties. La première, qui est une large chaîne de montagnes en partie couvertes de neiges dans toutes les saisons, s'étend du plateau de Mongolie jusqu'en Corée. Au nord de ces montagnes, l'Amur se tourne d'abord vers le sud-est, et ensuite vers le nord-est) le sol paraît ici très -élevé, si Fon en juge par le froid rigoureux qui y règne. La seconde partie de cette région est la Chine, qui, par sa position et par la proximité où elle se trouve des montagnes, renferme tous les climats de l'Europe. La troisième partie est formée d'une prodigieuse chaîne d'îles et de presqu'îles volcaniques, dont le climat est analogue à la partie du continen t à laquelle elles correspondent.

La région du sud, qui s'appuie au midi du plateau central, est en grande partie placée sous 2. ' i5

la zone torride. Garantie des vents du nord par les montagnes du Thibet, arrosée par des fleuves larges et nombreux, échauffée par un soleil ardent, mais que tempèrent les vents qui viennent du côté de l'Océan, cette région renferme le sol le plus fertile de l'Asie : c'est l'Indostan.

Enfin, la région occidentale, par la nature du sol et par la proximité où elle se trouve de l'Afrique, est en grande partie sous un ciel encore plus ardent que celui de l'Inde. Elle renferme la Perse, l'Asie-Mineure et l'Arabie (i).

L'ordre dans lequel les facultés intellectuelles des peuples se sont développées, paraît correspondre en tout à la nature physique de chacune de ces principales régions. Les hordçs nombreuses qui habitent le plateau central de l'Asie, placées sur un sol immuable, sont restées immuables comme lui; elles vivent encore comme elles vécurent toujours, de la chasse, de la pêche, et du lait de leurs troupeaux. Attachées à la vie vagabonde dont la nature de leurs déserts leur a fait une nécessité, elles méprisent l'agriculture , la vie sédentaire, et surtout le séjour des villes. Rien ne ressemble tant aux hommes des premiers âges, a dit un historien, que les Tartares du nôtre (â).

Les peuplades qui habitent au nord de l'Asie

(i) Voyez Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, tome JH, Hv.jXLvi, p. 5 et suiv.

(i) Raynal, tome III, liv. v, p. 129 et i3o.

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