‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 131 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XV

noble entreprise 9 et rend l'homme incapable de cette forte application qui enfante les beaux ouvrages. Je n'ai rien trouvé qui fût propre à justifier de telles assertions ; j'ai vu, au contraire , que c'est toujours sous des climats chauds ou tempérés que la civilisation s'est développée. Faudrait-il conclure de là qu'un certain degré de chaleur est seul suffisant pour développer les facultés intellectuelles des peuples? Ce serait un système qu'on pourrait soutenir par bien des raisons , et qui ne serait pas plus mal fondé que le système contraire.

Si j'avais voulu comparer les progrès faits par les divers peuples d'Europe dans les arts et le sciences , j'aurais été obligé de me livrer à un travail plus étendu que ne le comporte la nature de cet ouvrage; je me suis donc restreint à quelques indications générales. Je tâcherai de faire voir ailleurs comment les progrès de chaque nation correspondent à la nature des lieux et à la position qu'elle occupe* On pourra voir alors quels sont les rapports Qki existent entre le développement des facultés humaines et les circonstances physiques au milieu desquelles les hommes sont placés. On pourra surtout se convaincre qu'il y a, pour chaque nation, des causes spéciales de prospérité ou de misère , indépendantes des institutions humaines; et qu'un gouvernement qui se propose de faire des lois salutaires et durables, doit les approprier au pays pour lequel il les fait. Lorsqu'au lieu de prendre

la nature des choses pour guide, on se laisse diriger par ce qui se pratique ailleurs , on ne fait rien de solide et Ton tombe souvent dans les erreurs les plus graves.

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