‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 132 sur 276 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Da perfectionnement des mœurs des peuples de diverses espèces. — De l'identité qui existe , chez la plupart , entre les mœurs et les lois.

Pour connaître les lois auxquelles les peuples obéissent , il faut, ainsi que je l'ai déjà fait observer, déterminer Faction que les hommes exercent les uns à l'égard des autres, comme individus ou comme collections d'individus ; il faut observer, de plus , les causes qui les déterminent à agir ou à céder à Faction qui est exercée sur eux , et les conséquences qui résultent de cette action. Les lois ne sont, en effet , que de la puissance, et cette puissance ne peut exister que dans les hommes ou dans les choses ; la portion de force qui existe dans les hommes se trouve dans leurs idées ou dans leurs passions ; la portion de force qui existe dans les choses , se trouve dans les qualités au moyen desquelles elles nous affectent en bien ou en mal.

La distinction que j'ai précédemment établie entre les puissances qui constituent les lois , et les descriptions des phénomènes que ces puissances produisent j devient ici d'autant plus im-

portante , que j'ai à faire connaître ]es lois auxquelles sont soumis une multitude de peuples qui n'ont jamais décrit leur ordre social ; j'ai à faire connaître l'action que les hommes de toutes les espèces exercent sur eux-mêmes , ou sur d'autres qu'eux, d'une manière individuelle ou collective ; j'ai à faire voir, en même temps , comment cette action de l'homme sur lui-même ou sur des êtres du même genre que lui , est modifiée par la différence des espèces , par la tempérance de l'atmosphère, par la nature et l'exposition du sol, par le cours des eaux, ou par d'autres circonstances analogues.

Lorsque j'ai exposé les divers élémens de puissance dont les lois se composent, j'ai fait voir qu'il faut comprendre au nombre de ces élémens, les idées, les préjugés, les sentimens, les besoins ou les passions des diverses classes de la population ; j'ai fait voir que , dans l'étude des lois , les idées et les passions d'un peuple se présentent tantôt comme causes , ou comme élémens de force , et tantôt comme effets. L'identité entre les lois d'une nation et les mœurs qui les constituent , ou qui en sont l'expression , est si réelle , que les écrivains qui ont décrit l'état des peuples barbares, n'ont jamais songé à les distinguer les unes des autres. Il n'a fallu souvent, pour donner le nom de lois aux phénomènes qu'on désigne sous le nom de mœurs , qu'en avoir trouvé une description plus ou moins authentique. Tacite , qui nous a tracé le tableau des mœurs des Ger-

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