‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 160 sur 276 · LIVRE IÏI , CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE IÏI , CHAPITRE XIX

la famille d'un frère ou d'un ami, dont il épouse la femme (4); s'il ne se trouve aucun homme qui prenne soin d'eux , il est rare qu'ils échappent à la destruction. La répudiation est admise et souvent pratiquée chez tous ces peuples (â) ; quand elle a lieu , la femme renvoyée par son mari s'empoisonne pour abréger la durée de ses souffrances , à moins qu'elle ne soit reçue chez ses parens, ou qu'elle ne trouve un autre mari (5).

Enfin , les femmes sont habituellement exposées à tant de maux dans Fétat de barbarie , qu'elles se font avorter , pour supporter les travaux auxquels elles sont condamnées, ou pour ne pas donner l'existence à des êtres aussi misérables qu'elles (A). Quelquefois , excitées par un sentiment de pitié, elles tuent leurs filles au moment où elles viennent de leur donner le jour, afin de les délivrer des malheurs attachés à leur sexe (5). Les peines et les fatigues qu'elles éprouvent, et la brutalité avec laquelle elles sont traitées, détruisent de bonne heure leur constitution,

(1) Hearne, ch. v, p. 122.

(2) Mackensie, premier Voyage, t. I, p. 289. — Hearne, ch. ix, p. 290 et 291. — J. F. D. Smithj tome I, ch, xxiv, pag. 95. — Lahontan, tome II, p. i35. — Hennepin, p. 34-

— Depons, tome I, ch. iv, p. 3o5.

(3) Hennepin, p. 35 et 36.

(4) Weld, tome III, ch. ni, p. 62. — Mackenzsie, premier Voyage, tome I, p. 241 et 242.

(5) Mackensie, premier Voyage, tome I , p. 241 et 242.

— Raynal, tome IV, liv. vu, p. 116. — Azara, tome II, ch. x, p. 93, 94, 11 5, 145, i5s et i56.

3o8 TRAITÉ DE LÉGISLATION.

et leur donnent la stupidité des animaux. A trente ans, elles sont dans l'âge de la décrépitude (-1), et, à l'exception des devoirs domestiques, auxquels elles sont habituées de bonne heure , dit Hearne , leur esprit et leurs sens sont aussi engourdis et aussi froids que la zone sous laquelle elles habitent (2).

Les femmes étant livrées par leurs parens, dans un âge très-tendre , à des hommes qu'elles n'ont point choisis et qui sont trois ou quatre fois plus âgés qu'elles i ou bien étant la proie des hommes les plus forts, et n'éprouvant de la part de leurs maris que mépris et dureté, ne peuvent avoir pour eux une affection très-forte ; elles ne peuvent leur être fidèles ni par attachement, ni par principe d'honneur; tout ce qu'il est permis au mari d'attendre d'elles , c'est l'obéissance à ses ordres , et l'observation de ses commandemens, dans toutes les circonstances où il y a plus de danger à les enfreindre que d'avantage à les violer» : les femmes, en un mot, ne peuvent avoir relativement à leurs maris , que les vices ou les qualités des esclaves, et c'est, en effet, ainsi qu'est

formé leur caractère.

(1) Hearne, eh. iv, p. 83.

(2) Hearne, ch. ix, p. 3 12. — ■ « Quelque misérable que soit l'état des femmes , elles ont sur l'esprit de leurs maris beaucoup d'influence ; leur ascendant n'est nu! que pour ce qui concerne leur propre état. » Mackensie , premier Voy. , tome J, p. 9.89 ; et deuxième Voyage, tome II, ch. iï, p. 200

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