‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 164 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XIX. 5l · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIX. 5l

La conduite des enfans envers leurs vieux parens semble peu se concilier avec l'influence qu'on attribue aux vieillards dans presque toutes les tribus sauvages , mais il n'y a rien en cela de contradictoire. Chez quelques peuplades, les femmes exercent sur l'esprit de leurs maris une influence très - étendue , ce qui n'empêche pas qu'elles ne soient traitées sans ménagement ; les vieillards sont à peu près dans le même cas. Des hommes qui n'ont ni livres ni archives , ne savent rien que par expérience ou par tradition ; dans les nombreuses occasions où ils ont besoin de connaître les lieux et la saison les plus favorables à la chasse ou à la pêche , les limites de leurs territoires y les guerres ou les traités qui ont eu lieu avec d'autres peuplades , il faut qu'ils consultent les anciens, les seuls qui aient de l'expérience, qui connaissent les événemens passés : de là vient qu'un fils qui méprise l'opinion de son père , a du respect pour l'opinion de son grand-père (4).

Mais cette déférence qu'on a pour les anciens, est sans influence sur leur propre destinée 5 c'est un hommage que les plus jeunes rendent à leur sûreté personnelle et au besoin de leur conservation, et non un sentiment de. reconnaissance. Les enfans , quand ils ont acquis assez de force pour pourvoir à leurs besoins, traitent leurs pères sans ménagement , et les battent même

(1) Lahontan, tome II. p. 110. — Weld, t. III, ch. xxxv,

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quelquefois. Ils traitent ies autres vieillards d'une manière grossière : ils sont sans égard pour eux dans toutes les occasions où ils croient n'avoir pas besoin de leur expérience (4).

(i) Weld, tome III, chap. xxxv , p. n6. — La Pérouse, tome II, chap. xi, p. 3o5. — Hennepin, p. 52, 53 et 56. — Depons , tome I , ch. iv , p. 3o6 et 307. — Azara , tome II > ch. x, p. 23. — Le seul individu pour lequel un sauvage de l'Amérique ait une -véritable affection, est l'ami qu'il a choisi. Le sentiment de l'amitié a quelquefois chez ces peuples une grande énergie. Hearne, ch. y, p. 121 et 122. — Volney , Tableau du climat et du sol des Etats-Unis, tome, I, p. 4^2*

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