LIVRE III , CHAPITRE XX
constitution la plus vigoureuse qui puissent y résister (4).
Chez les peuplades qui habitent sous les climats les plus rigoureux , la plupart des hommes, des femmes et des enfans sont couverts de gales, de dartres , de boutons purulens y ou atteints d'affections scorbutiques , et ces maladies arrivent au plus haut degré d'intensité (2) ; un grand
(i) Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. iv, p. 88 et 89. — La Pérouse , tome IV, p. 74 et 75. — G. Dixon, tome II, p. 12 et 1 3. — Raynal, qui oublie souvent les faits dont il vient de rendre compte , lorsqu'il s'agit de faire l'éloge des hommes'de la nature, dit, en parlant des enfans : « Comme on ne leur apprend que ce qu'ils doivent savoir , ils sont les enfans les plus heureux de la terre. » Tome VIII, liv. xv, p. 43. Il dit ailleurs qu'on leur apprend à boire le sang de leurs ennemis et à dévorer leur chahpalpitante , ce qui vaut mieux sans doute que de leur apprendre à lire; mais il oublie toutes les calamités inséparables de la vie sauvage ; on dirait qu'il n'y a de malheur que d'aller à l'école, et que la faim, le froid, la saleté, les maladies, l'abandon, ne sont rien; ce n'est même rien que d'être enseveli vivant, car, suivant lui-même, c'est le sort réservé à tout enfant qui perd ses parens, et qui n'est pas assez fort pour se livrer à lâchasse. Tome IV, liv. vu, p. 9 et 10. — Il fait le tableau de tous les vices qui souillent la vie de l'homme sauvage; puis il dit qu'il n'y a point de mauvais pères dans les forêts , et qu'ils sont tous dans les villes. Il ne manque plus que d'en dire autant pour les maris, après avoir fait le tableau de l'état des femmes.
(2) Hearne, ch. ix, p. 3 12 et 3i3. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I,p. 168. — Raynal, tome VIII, liv. xvii, p. 36 1 et 36a. — La Pérouse , tome IV, p. 65 , 66 et 73.
nombre ont l'estomac dégradé par de longues abstinences ou de fréquentes indigestions (4); les passages brusques d'une température à l'autre leur donnent des maladies de poitrine presque toujours mortelles , ou des rhumatismes qui les rendent perclus (â) ; l'éclat de la neige, la fumée qui les enveloppe dans leurs cabanes , ou d'autres causes , leur gâtent la vue, et rendent parmi eux les ophtalmies communes (5); ils sont sujets à la plupart des maladies qu'on observe chez les peuples civilisés ; mais , comme les malades ne sont point soignés, comme ils n'observent aucun régime, ni n'emploient aucun remède , il est rare qu'ils s'en relèvent (U).
Les maladies épidémiques font chez ces peuples les plus grands ravages ; ne sachant ni les prévenir , ni les traiter , il est rare qu'ils n'en soient pas tous atteints , et qu'elles n'enlèvent pas la plus grande partie de la population. Quelquefois des peuplades disparaissent, et l'on ne trouve plus d'autres traces de leur existence que les os-
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(1) Hearne , ch. iv, p. 66,
(2) Ellis, p. 241 et — Lahontan, tome II, p. 144 et j54. — Mackensie, premier Voyage , tome I , p. 236. — La Pérouse, tome IV, p. 63. — Lewis et Clarke, ch. xx , p. 345. — Volney.
(3) Raynaî, tome VIII, liv. xvn, ch. xx, p. 3Ô2. — Lewis et Clarke, ch. xx, p. 34 1. — La Pérouse, t. IV, p. 64 et 65.
(4) La Pérouse, tome IV, pages 63 et 64. — Charlevoix , Nouvelle-France., tome I, liv. vi, p. 379, — Lahontan, tome II, p. i54- — Hearne, ch. ix, p. 3 12.