‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 175 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XXI. 55 J · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXI. 55 J

dénominations qui désignaient le rang élevé des uns, et la profonde dégradation des autres : ceuxlà se désignaient sous le nom de respectables , et ils désignaient ceux-ci sous le nom de puans. Le chef, qui jouissait d'un pouvoir héréditaire, était considéré comme ayant une origine divine; il était le frère du soleil, que ces peuples adoraient; ses ordres avaient la même force que s'ils avaient été donnés par la Divinité (4).

Dans le Mexique, il existait un ordre à peu près semblable ; la population était divisée en deux grandes fractions : la plus nombreuse, qui exécutait tous les travaux au moyen desquels les hommes existent, était esclave; celle qui vivait sur les travaux de la première , se disait respectable; elle était noble. Les cultivateurs, désignés sous lç nom de mayeques , étaient dans un état à peu près semblable à celui des paysans européens au temps du régime féodal ; ils étaient considérés comme des instrumens de culture , et ne pouvaient quitter le sol auquel ils étaient attachés , sans la permission de leur maître ; ils passaient d'un propriétaire à l'autre , avec le sol dont ils étaient un accessoire. Ils n'étaient pas chargés seulement de la culture de la terre ; ils devaient exécuter d'autres travaux jugés vils; plusieurs étaient réduits en état de servitude domestique ; ils étaient, comme les esclaves des Romains , mis

(i) Robertson's History of America , vol. II , b. iv p. i3o.

au rang des choses. Leurs maîtres pouvaient disposer d'eux de la manière la plus absolue , ou même les tuer, sans encourir aucune peine (i).

La classe des maîtres était elle-même divisée en diverses fractions. Un petit nombre d'entre eux possédaient de vastes territoires , partagés en plusieurs classes , à chacune desquelles divers titres d'honneur étaient attachés 3 quelques-uns transmettaient ces titres à leurs descendans à l'infini , avec les terres dont ils faisaient partie. D'autres ne tenaient des terres qu'à cause des fonctions qu'ils remplissaient ; ces terres constituaient leur salaire , et cessaient de leur appartenir quand les fonctions dont elles étaient la récompense , leur étaient enlevées. Enfin , plusieurs, sans remplir aucune fonction et sans être esclaves , possédaient des terres dont ils avaient la propriété exclusive^ et qu?ils transmettaient à leurs enfans. On avait réservé , dans chaque district, une certaine étendue de terres, qui était cultivée en commun par la basse classe du peuple, et qui servait à son existence. Il y avait , au-dessus de là population entière , un chef unique ; ce chef était élu par les principaux membres de l'état. Le nombre des grands de la première classe s'élevait à trente ; chacun d'eux avait au - dessous de lui environ trois mille nobles , qui lui étaient subor-

(1) llobertson's History of America, vol. 1ÎI, b. iv, p. 287

et 288.

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