‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 176 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XXI. OO · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXI. OO

donnés. Le nombre total des personnes que chacun des principaux chefs avait dans son territoire, était d'environ cent mille (4).

Dans le Pérou , la population était aussi divisée en plusieurs classes. La première se composait de ceux qui remplissaient tous les emplois , soit en temps de paix i soit en temps de guerre : c'étaient les nobles. La seconde se composait d'hommes qui ne remplissaient aucun emploi y mais qui n'étaient assujettis à aucun genre de servitude. La troisième était formée d'individus employés aux travaux jugés les plus vils de la société. Ils portaient les fardeaux y ou se livraient à d'autres occupations qui sont le partage des esclaves dans les pays où la servitude est établie. La population était soumise à un chef unique dont la personne était sacrée : c'était un messager des dieux , un enfant du soleil ; pour conserver la pureté de cette divine race, les frères épousaient leurs sœurs (â).

Les terres n'étaient pas possédées par les grands comme dans le Mexique. Une part était consacrée au soleil ; le produit en'était employé à la construction et au maintien des temples , à la célébration des cérémonies de la religion , et y dans les temps de disette, à la subsistance du peuple. Une seconde part appartenait à Flnca ? et était employée à payer les dépenses du gouvernement.

(1) Robertson, vol. III, b. vu, p. 283.

(2) Ibid., vol. II, b. vu, p. 33ç;.

La troisième et la plus considérable était destinée à la subsistance du peuple. La culture, dans chaque canton , se faisait en commun, les produits en étaient ensuite distribués à chacun en raison de ses besoins (4).

Nous ne pouvons savoir d'une manière positive de quelle manière se formèrent , au centre de l'Amérique , les diverses classes que les soldats espagnols y trouvèrent ; mais, en considérant les traditions qui existaient encore à l'époque de l'invasion, la manière dont la population était divisée , et les idées qui régnaient chez elle , il n'est pas difficile de voir que là aussi un peuple agricole , industrieux et pacifique , avait été asservi et partagé par une armée de conquérans. Les grands ou nobles mexicains étaient convaincus qu'ils n'étaient pas originaires du pays ; ils savaient que, vers le dixième siècle de notre ère, les premiers occupans avaient été asservis par d'autres tribus, et que, vers le treizième, environ deux siècles avant la découverte de l'Arnérique, le Mexique avait été conquis par une tribu puissante, venue des bords du golfe de Californie. Il paraît donc qu'à une époque peu reculée, une confédération semblable à celle des nations iroquoises s'était emparée du pays ; que le général avait conservé le pouvoir que lui donnait sa position ; que les trente grands étaient les chefs des hordes qui avaient élu leur général j que les trois

(i) Robertson, ibid., p. 538.

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