LIVRE III , CHAPITRE XXI
femmes ne sont pas la propriété du plus fort : chez quelques peuplades , elles ne consentent à se marier que lorsqu'elles ont fait leurs conventions soit avec leur futur mari, soit avec ses pareils (i). Les peuples errans du nord ne passent jamais dans un lieu sans détruire tout ce qui se rencontre sur leur passage ; les peuples du sud, que l'agriculture n'a pas encore entièrement fixés, sèment quelque chose partout où ils passent, dans l'espérance qu'un jour ils en recueilleront les fruits (â). Les peuples les plus abrutis des tropiques manquent de propreté 5 mais comme ils sont souvent dans l'eau , ieur saleté n'approche pas de celle des peuples qui vivent sous des climats froids (5).
Les historiens espagnols assurent que leslncas et les Caciques jouissaient d'un pouvoir sans
(1) Ibid., p. 92.
(2) Azara, tome II, ch. x, p. 160.
(3) De Humboldt, Voyage aux réglons équinoxiales, t. III, liv. ni, ch. ix, p. 296. — Azara , tome II, ch. x, p. i3 et 14. — Ulloa dit qu'en général les Indiens du Pérou, civilisés ou sauvages , sont très-inhumains; que ceux qui sont civilisés ne se livrent point à leur inclination parce que le gouvernement les en empêche ; mais qu'on leur voit faire à l'égard des animaux des choses qui ne laissent aucun doute sur leur barbarie naturelle. ( Tome II, c. xvn, p. 10 et 11 ). Mais il est difficile de concilier ce qu'il dit ici avec ce qu'il dit ailleurs en parlant des mêmes peuples. Ils ont, dit-il, pour tous les animaux domestiques, mais surtout pour leurs Hamas un genre d'affection qui ne se voit chez aucun peuple de la terre; toutes leurs démonstrations extérieures le manifestent assez.... Avant de l'avoir mis au service , ajoute -t-il en par-
bornes ; mais , outre que cette assertion s'accorde peu avec les éloges qu'ils donnent à leurs lois et à la manière dont la justice était administrée, elle est démentie par les coutumes que ces peuples ont conservées , et que les conquérans espagnols ont été obligés de respecter . Les indigènes du Pérou sont dans l'usage de se réunir à certaines époques pour délibérer sur leurs intérêts communs; et tout ce que le gouvernement espagnol a jamais pu obtenir d'eux à cet égard , c'est que leurs assemblées seraient présidées par un officier de son choix. « Il est impossible, dit à ce sujet Ulloa, de faire renoncer ces peuples à leurs anciens usages ; on ne le tenterait qu'en courant les plus grands risques. Si on leur interdisait absolument toute assemblée connue, ils iraient en tenir de nuit dans des endroits éloignés , et il serait trèsd ifficile d'être instruit de leurs délibérations (1 ) . »
lanl: du llama, ils l'ont en général traité avec tant de modération que jamais, ou rarement, par la suite , ils ne le traitent durement en route; au contraire , ils s'assujétissent absolument à sa marche , et se servent d'un sifflet pour le guider. » Tome I, dise, vu, p. 160.
Les Guaraoûns qui vivent aux bouches de l'Orénoque 9 sont moins indolens que les autres sauvages de l'Amérique méridionale, passionnés pour la danse, gais, sociables et hospitaliers. Ils sont habiles pécheurs. Ils ont des chiens dont ils se servent pour prendre les poissons dans les bas-fonds. Ils caressent continuellement ces animaux et les traitent avec bienveillance. Dauxion-Lavaysse , tome I, ch. i, p. 3 et 4.
(1) Ulloa, tome II, dise, xviii, p. 4*> — Les Européens se