‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 19 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IV

pour approcher de ce genre de perfection , ils se barbouillent avec du charbon (4). Les Hottentots du cap de Bonne-Espérance ont aussi le teint très-foncé; ils augmentent, par la peinture, ce genre de perfection. Ils ont, déplus, le nez très-épaté et très-petit ; et, suivant le rapport de Kolbe, ils accroissent ce caractère de leur beauté en enfonçant d'un coup de pouce le nez de leurs enfans naissans (2). Un des traits caractéristiques des indigènes du continent américain est une couleur de cuivre : pour eùx, la beauté c'est d'être rouge. Aussi, les peuples dè cette espèce exagèrent par la peinture leur couleur naturelle : on parle chez eux de la misère d'un homme qui n'a pas de quoi se peindre en rouge, comme on parle chez nous d'un homme qui n'a pas dé linge pour se couvrir (3). Un autre trait caractéristique des peuples de cette espèce, c'est d'avoir le poil • rare : la beauté c'est de n'en avoir point du tout. En conséquence ils s'épilent avec tant de soin qu'on a cru long-temps qu'ils n'avaient point de barbe (4-). Parmi eux il est des tribus qui ont le front singulièrement affaissé ; la beauté c'est d'à-

(1) Anderson, 3e voyage de Cook, liv. I, ch. vi, t. i , p, a34 ; Cook, 2e voyage, liv. III, ch. i , t. 5, p. i et 2.

(2) Kolbe, Description du cap de Bonne-Espérance, t. I, ch. vi et xvii, p. 83 et 368.

(3) Ile Humboldt, Voyage aux rég. équinox., t. VI, L vu, ch. 19, p. 223, 324 et 33i.

(4) Robertson's History of America. Voltaire , Dictionnaire philosophique , au mot Barbe.

voir la tête aplatie, et -pour donner à leurs enfans ce genre "de perfection, les parens, dès leur naissance, leur pressent le front entre deux planches (i).

Un des traits particuliers à l'espèce caucasienne ou européenne, c'est la blancheur de son teint, et une teinte rose répandue sur les joues ; lorsque ce trait manque à certaines personnes , elles y suppléent par des moyens analogues à ceux qui sont mis en usage par les nègres de la terre de Van Diemen, et par les cuivrés de l'Amérique. Les Grées , loin d'avoir la tête aplatie comme certaines peuplades américaines, avaient, au contraire, l'angle facial très-ouvert: pour eux l'être le plus parfait était celui qui se distinguait par un semblable caractère : c'est ce qu'on observe dans les statues de Jupiter et d'Apollon • qu'ils nous ont transmises (â). Une observation analogue a été faite sur les peuples et les statues d'Egypte : il suffit de jeter les yeux sur ces statues et de les comparer aux statues grecques, pour se convaincre que les idées de perfection n'étaient pas les mêmes dans les deux pays (5). Enfin, des voyageurs ont observé que les peuples de race mongole, qui habitent les cotes orientales de l'Asie, ont naturellement les pieds et les mains

(1) Al. de Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle - Espagne , 1. 1 , liv. n , ch. 6 , p. 398.

(2) Cuvier, Anatomie comparée, t. II, p. 6.

(3) V. Denon , Voyage dans la basse et la haute Egypte , t. II , p. 20.

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