‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 230 sur 276 · LIVRE III , CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE III , CHAPITRE XXVIII

mais ici elles sont en sûreté sur le premier buisson . A l'appui de cette remarque , j'observerai que , durant notre séjour parmi les insulaires à Tanna, ils n'ont pas dérobé la moindre bagatelle à qui que ce soit de l'équipage (i). »

Les habitans des Nouvelles-Hébrides qui appartiennent à la même espèce et qui sont plus rapprochées de l'équateur de quelques degrés , se sont mieux conduits encore; non-seulement ils n'ont donné aucun sujet de plainte aux navigateurs anglais ; mais , lorsqu'ils auraient pu , sans danger et même sans pouvoir être accusés de mauvaise foi, retenir des objets qu'ils avaient vendus, ils ont fait tout ce qui dépendait d'eux pour les rendre aux propriétaires. « Ils nous donnèrent, dit Cook , des preuves si extraordinaires leur loyauté que nous en fûmes surpris. Comme le vaisseau marcha d'abord fort vite , nous laissâmes en arrière plusieurs de leurs canots qui avaient reçu nos marchandises, sans avoir eu le temps de donner les leurs en échange. Au lieu de profiter de cette occasion pour se les approprier, comme auraient fait nos amis des îles de la Société , ils employèrent tous leurs efforts pour nous atteindre et nous remettre ce dont ils avaient reçu le prix. Un des Indiens nous suivit pendant un temps considérable , et, le calme survenant, il parvint à nous joindre. Dès

(i) Forster, deuxième Voyage de Cook, tome IV, cliap. v, p. 256.

qu'il fut au vaisseau , ii montra ce qu'il avait vendu ; plusieurs personnes voulurent le lui payer ; mais il refusa de s'en défaire jusqu'à ce qu'il aperçut celui qui le lui avait déjà acheté. La personne ne le connaissant pas , lui en offrit de nouveau la valeur, mais cet honnête Indien ne voulut point l'accepter , et lui fit voir ce qu'il avait reçu en échange (i). »

Les peuples d'espèce nègre du grand Océan , qui sont les plus rapprochés des tropiques , sont donc, en général, beaucoup moins barbares que ceux qui en sont les plus éloignés.

(i) Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. in, p. 126.

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