‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 231 sur 276 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Des rapports observés entre les moyens d'existence et l'état social des peuples d'espèce nègre de l'extrémité australe de l'Afrique. — Des mœurs qui résultent de cet état. •

Les peuplades qui habitent à l'extrémité australe de l'Afrique, diffèrent tellement par leur constitution physique , soit entre elles , soit des peuples du même continent placés entre les tropiques , qu'il n'est peut-être pas très-juste de les désigner par la même dénomination. Cependant, comme ces peuples ont été déjà considérés comme appartenant à la même race; comme il s'agit moins d'ailleurs de déterminer les différences physiques qui existent entre eux, que de constater l'influence des lieux sur le perfectionnement moral des hommes de diverses espèces, j'adopte la classification qu'on a faite, sans prétendre qu'elle soit la meilleure.

Trois races d'hommes existent au cap de Bonne-Espérance , sans compter les colons , ni les nègres qu'ils y ont introduits : ce sont les Cafres, les Hottentots et lesBoschismans. Les pi e-

miers, habitant sur les côtes de la mer, dans les lieux les plus bas et les plus rapprochés , de Féquateur, jouissent du sol le plus fertile et de la température la plus douce ; ils sont agriculteurs, pasteurs et chasseurs. Les seconds habitent sur des plaines élevées et arides, ils sont un peu plus éloignés de l'équateur , et jouissent par conséquent d'une température moins douce 5 ils sont pasteurs et chasseurs. Les troisièmes habitent sur des montagnes hautes et arides ; ils sont sous un climat comparativement froid ; ils ne vivent que de chasse ou de proie.

Nous avons déjà vu que les hommes qui appartiennent à la première de ces trois races , jouissent d'une constitution physique plus forte et ont une taille plus élevée que ceux de la seconde, et qu'à leur tour ceux-ci sont plus grands et mieux constitués que les hommes de la troisième. Nous avons ensuite vu que les facultés intellectuelles sont un peu plus développées chez les premiers que chez les seconds , et qu'elles le sont un peu plus chez ceux-ci qu'elles ne le sont chez les troisièmes. Il s'agit maintenant d'exposer quel est le perfectionnement moral auquel chacune de ces trois classes d'hommes est parvenue , et de comparer leurs mœurs à celles des peuples qu'on a classés sous la même dénomination, mais qui vivent sous la zone torride.

Les Cafres, quoiqu'ils cultivent la terre, tirent de leurs troupeaux la partie la plus considérable de leur subsistance , et sont obligés de changer

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