‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 232 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXIX

souvent de lieu pour les faire paître (4). Ils ne sont ni conquérans ni conquis, et par conséquent ils ont une organisation sociale moins compliquée que celle des peuples de ce continent placés entre les tropiques. Ils reconnaissent un chef héréditaire ; mais ce chef n'a presque point de prérogatives ; il vit de la même manière que tous les autres membres de sa tribu (2).

Les femmes ne sont pas moins esclaves chez eux que chez les autres peuples nègres ; elles sont chargées des travaux sédentaires qui demandent plus de patience que de courage ; elles labourent la terre, sèment et recueillent le grain , fabriquent leurs meubles , bâtissent les habitations, en rassemblent les matériaux (5); les hommes ont en partage la guerre, la chasse et la garde des troupeaux (4-). Les femmes, dans le temps de leurs incommodités périodiques , sont obligées de se séquestrer comme les femmes de Guinée, et comme celles des peuples cuivrés du nord de l'Amérique. Elles n'ont aucune part des biens que leurs parens laissent en mourant. Dans leur parure , elles sont moins recherchées que les hom-

(1) Barrow , nouveau Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique, tome I, ch. i, p. 1 43 et 144. — Thumberg, Voyage en Afrique et en Asie, ch. m, p. 119.

(2) Levaillant , premier Voyage dans l'intérieur de l'Afrique , tome II, p. 227, 228 et 263.

(3) Levaillant, premier Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, tome II, p. 265. — Barrow, nouveau Voyage, etc. , tome I, ch. 1, page 147.

(4) Thumberg, ch. m, p. 119.

mes (i). La polygamie existe chez ce peuple; mais un homme ne possède pas plus de deux femmes.

' Les Cafres portent, dans leurs guerres, le même esprit de vengeance et d'animosité que les autres peuples qui vivent sur les mêmes côtes. Si un village est surpris , tous les habitans en sont exterminés, et le pays est converti en désert (2). Ces peuples mettent dans leurs guerres moins de perfidie que les Hottentots ; ils attaquent souvent leurs ennemis de front, et n'empoisonnent point leurs flèches. « Le Cafre, dit Levaillant, cherche toujours son ennemi face à face; il nepeutlancer sa sagaie qu'il ne soit à découvert. LeHottentot, au contraire, caché sous une roche ou derrière un buisson, envoie la mort sans s'exposer à la recevoir. L'un est le tigre perfide qui fond traîtreusement sur sa proie ; l'autre est le lion généreux qui s'annonce, se montre, attaque et périt s'il n'est pas vainqueur (3). » Les Cafres ont eu assez d'énergie et de puissance pour mettre des bornes aux usurpations des colons hollandais ; les Hottentots ont laissé envahir tout leur territoire (Â). Enfin, les Cafres, sans être très-p-ro-

(1) Levaillant, premier Voyage, tome II , p. 255 , 262, 263 et 264.

(2) Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 212, 2i3j 226 et 229.

(3) Ibid. p. 262.

(4) Barrow , Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique, tome IL ch. v, p. 171 et 172.

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