‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 233 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXIX

près , sont beaucoup moins sales que les Hottentots (i).

Les tribus hottentotes n'ont pas toutes les mêmes mœurs : elles avaient généralement adopté la vie pastorale, quand leur territoire fut envahi par les Hollandais; elles suppléaient , par Ja chasse , à ce qu'elles ne pouvaient pas retirer de leurs troupeaux ; un petit nombre seulement était étranger à la vie pastorale et ne vivait que de proie. L'occupation de leur territoire par les Européens, et l'oppression qui s'en est suivie, ont beaucoup altéré leurs mœurs; cependant, on peut juger de leur ancien état par les descriptions que les voyageurs nous ont données de l'état où ils les ont vues.

Chaque peuplade est soumise à un chef ou capitaine qui probablement n'avait pas d'autres fonctions jadis que de marcher à la tête,de sa tribu y lorsqu'elle allait à la chasse , ' ou qu'elle voulait attaquer une horde ennemie. Ce chef n'est maintenant qu'un officier de police, qui tient son pouvoir et le bâton qui en est le signe, du chef de la colonie hollandaise, aujourd'hui soumise aux Anglais. Son autorité n'est pas toujours très-respectée, et dans les querelles qui surviennent, il lui arrive quelquefois de voir briser sur lui-même son bâton de commandement (â).

( i ) Le vaillant, premier Voyage, tome, II, p, 1 5 1 . ('ijLevaillant, premier Voyage, tome I, p. a3o et 23i

Les femmes ne sont pas plus libres , ni moins avilies, dans cette partie de l'Afrique, que sous les climats les plus brùlans. Un Hottentpt, qui donne un bœuf pour avoir un clou, croit faire un excellent marché quand il donne une de ses filles en échange d'une vache (i). Un homme peut avoir le nombre de femmes qu'il juge convenable ; mais il est rare qu'il en prenne plus de deux , et il n'y a même que les chefs qui se permettent ce genre de luxe (â). Aussitôt qu'une femme appartient à un homme, c'est elle qui fait tous les travaux qu'exige l'entretien du ménage. Elle va couper le bois dont elle a besoin pour préparer les alimens ; elle va à la recherche des racines dont ces peuples se nourrissent. Le mari, qui n'a d'autre occupation que de boire, de manger, de fumer et de dormir , ne lui laisse prendre de repos que dans le petit nom bre d'occasions où il s'éloigne , soit pour aller à la chasse ou à la pêche , soit pour veiller sur ses troupeaux. Une fille partage les occupations de

tome II, p. 90; et deuxième Voyage, t. III, p. 459 et 460. — Les capitaines ont cependant quelquefois assez de puissance pour s'emparer des femmes qui leur conviennent. Kolbe, tome I, ch. vi, p. 67.

(1) Le vaillant, deuxième Voyage, tome II, p. 41 1; et t. III

(2) Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance, t. ïï, cliap. vin, p. 90. — Levaillant, premier Voyage, tome II; ]>. 55 et 56.

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