LIVRE III 9 CHAPITRE XXIX
sa mère, et concourt aux mêmes travaux aussitôt qu'elle en a la force (4).
La femme n'est pas admise à manger avec son mari , ni même à loger toujours dans la même hutte; elle vit dans une cabane séparée ret se nourrit d'alimens que les hommes considèrent comme vils ou impurs (2). Lorsqu'un garçon est est jugé digne d'être admis parmi les hommes , il se sépare de ses sœurs et de sa mère, et ne les admet plus à manger avec lui : il peut alors les insulter et les traiter en esclaves , sans craindre d'en être puni. Une mère est sans cesse exposée aux mauvais traitemens de ses enfans ; loin que ces outrages soient considérés comme les effets d'un mauvais naturel, les hommes les considèrent comme des preuves non équivoques d'un courage mâle et d'une bravoure distinguée (5). Les Hottentotes sont obligées de se tenir séquestrées à une certaine distance de la horde , dans le même cas que les femmes des Cafres (A).
(1) Kolbe, tome I, ch. xv, p. 235, 236 et 237..
(2) Kolbe, tome I, ch. xv, p. 238, 239, 240 et 252. — Levaillant, deuxième Voyage, tome II, p. 187.
Kolbe dit que les femmes hottentotes ont le privilège de manger du lièvre ; mais on voit aisément à quoi se réduit ce privilège quand on lit dans le voyage de Levaillant : « Les Hottentots ont pour la chair de lièvre une répugnance invincible, et ne peuvent se résoudre à en manger. »
(3) Kolbe, tomel, ch. xv et xvm, p. 237, 282 et 283.
(4) Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 5f et 52. — Kolbe, tome I, ch. xvn, p. 268 et 269.
Eiies peuvent être renvoyées par leurs maris , et rester privées de toutes ressources , si elles ne sont pas défendues par leurs propres parens (/l). Elles sont généralement chastes et réservées dans leur conduite : on n'a trouvé qu'une seule tribu où elles aient paru ne pas l'être (2).
Si des enfans incapables de pourvoir par euxmêmes à leurs besoins , perdent leur père et leur mère, non-seulement ils ne sont secourus et protégés par personne, mais quel que soit leur âge, on se hâte de les ensevelir vivans , pour leur épargner les horreurs d'une longue agonie ; un enfant est enterré vivant, même lorsqu'il ne perd que sa mère , s'il n'est pas sevré au moment où elle meurt; une femme qui accouche de deux jumeaux , en détruit ordinairement un , dans l'impuissance de les élever l'un et l'autre (3).
Les personnes qui arrivent à la vieillesse , et qui ne peuvent plus, ni se suffire à elles-mêmes , ni rendre des services à d'autres , sont reléguées dans une cabane construite exprès ; on leur porte une fois à manger, et ensuite on les abandonne; là , elles périssent de faim ou sont dévorées par les bêtes féroces. Ce sort est réservé même aux
(i) Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 54 et 55.
(a) Kolbe, tome I, ch. ti, p. 59. — Levaillant, premier Voyage{ tome II, p. 56, et deuxième Voyage, tome III, p. 89 et 90.
(3) Spafrman, tome II, ch. vm, p. 93 94. — Klobe, t. I, ch. xyii, p. a63.'