‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 237 sur 276 · LIVRE CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE CHAPITRE XXIX

leur amène un de ces nuages de sauterelles qui sont un fléau pour les parties cultivées de l'Asie ou de F Afrique , ils en manifestent une joie extraordinaire. Ils se hâtent de ramasser celles qui tombent ou se posent à terre ; ils en remplissent leurs magasins, et quelque infecte que soit l'odeur qu'elles exhalent , ils les mangent avec délices (4). Si une baleine , un hippopotame , ou tout autre animal est jeté mort et à demi pourri sur le rivage de la mer, les Hotteiitots y courent et le dévorent sur place , même quand ils ne sont pressés par aucun besoin extraordinaire (2). Le vautour, qui exhale l'odeur putride des animaux dont il s'est toujours nourri , et que repoussent les animaux les plus carnassiers , est un mets qui n'est *pas désagréable pour eux (3). Ils mangent avec tant d'avidité et de saleté, qu'on les prendrait pour des bêtes féroces affamées (£).

(1) Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 283, 287,, a88 et#297; deuxième Voyage, tome I, pages 199, 229 et 23o. — Barrow , Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique, tome I, ch, 1, p. 139 et 140.

(2) Thumberg, Voyage en Afrique et au Japon , chap. m, p. 120. — Levaillant.

(3) Levaillant, deuxième Voyage, tome I, p. 128 et 129.

(4) Kolbe, tome I, ch. xvi, p 243. — On peut être étonné que des peuples pasteurs soient si souvent réduits à la famine, et qu'ils se nourrissent d'alimens si grossiers. La raison en est qu'ils élèvent des animaux, non pour les manger, mais pour en boire le lait ou pour transporter leurs bagages. Ce n'est que très-rarement qu'ils peuvent se permettre de tuer un bœuf ou un mouton. Leurs pâturages ne sont ni assez

En s'établissant au cap de Bonne-Espérance , les Hollandais , pour mieux assurer l'assujettissement des Hottentots, les ont privés de la faculté de porter des armes , même pour leur défense personnelle (4); s'il s'élève quelque différend entre deux tribus , ce sont eux-mêmes qui en décident (â). Les haines et les antipathies nationales que la guerre produit chez toutes les nations ; et qui sont si violentes chez les peuples encore barbares , doivent donc être très-affaiblies chez les Hottentots, en supposant qu'elles y aient existé avec la même force qiWon a observée chez d'autres nations. Les voyageurs qui les ont visités n'ont éprouvé de leur part que de bons procédés ; ils ont trouvé chez eux de la générosité, de la reconnaissance , de'la probité, de l'exactitude à tenir leurs promesses. Ils sont incapables de perfidie et même de dissimulation ; le mensonge leur est si étranger, qu'ils ne savent même pâ*s cacher les crimes qu'ils ont commis; si on les accuse d'un fait vrai, ils le reconnaissent tît cherchent seulement à s'excuser. Ils sont susceptibles d'un attachement inviolable et d'une fidélité à toute épreuve envers les maîtres qu'ils servent (5). Le vaillant assure cependant que ceux

étendus ni assez fertiles pour que chaque famille puisse avoir un nombreux troupeau. Levaillunt, premier Voyage, t. II,

(1) Levaillant, deuxième Voyage, tome II, p. 75.

(2) Kolbe, tome I, ch. vi, p* 67.

(3) Kolbe , tome I , ch. m et vi , p. 29, 60 et 61 . — Le-

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