‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 238 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXIX

qui vivent habituellement avec les colons, *sbnt des hommes complètement dépravés : il est bien rare, dit-il, qu'ils ne deviennent pas des monstres, mais il ne dit pas en quoi leurs vices consistent

Les peuples dont je viens d'esquisser les mœurs, sont ceux qui , à l'extrémité australe de l'Afrique , ont adopté la vie pastorale ; mais il est , au milieu d'eux, des hommes qui sont encore moins avancés, et qui vivent dans une température plus froide : ce sont les Boschismans, peuples qui ont fixé leurs habitations sur les montagnes. Il n'existe , parmi eux , aucune espèce de subordination sociale, quoiqu'on les rencontre quelquefois en troupes. Ils sont tellement isolés les uns des autres , qu'à côté de la caverne où vit* une bête sauvage , on trouve une caverne dans laquelle vit la famille d'un Bosch isman* Ils habitent dans les buissons ou dans les creux des rochers comme les bêtes féroces , dont ils ont adopté les mœurs. Ils vont ordinairement nus, à moins qu'une chasse heureuse ne leur ait donné le moyen de s'emparer d'un animal , car alors ils en portent la peau sur les épaules, jusqu'à ce qu'elle tombe en lambeaux (2). Tant qu'ils peuvaillant, deuxième Voyage, tome I, p. i58 et 159, et t. yi, p. g5, 98 et 99. — Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique, tome I, ch. i, p. 1 1 8, 1 35 et 1 36. — Raynal, tome I, liv. irç p. 393.

(1) Levaillant, premier Voyage, tome 1, p. 232.

(2) Spaiman, tome I, ah. v, p. 263 et 264.

vehî trouver , au sein de leurs montagnes . des racines sauvages , des serpens > des chenilles , des araignées, des sauterelles , des fourmis ou d'autres insectes , ils s'en nourrissent et descendent rarement dans les plaines (i). Quand ces §limens leur manquent, ils s'arment de leur arc et de leurs flèches empoisonnées; ils descendent dans les vallées et vont se mettre en embuscade , attendant , comme les bêtes féroces, que le hasard fasse passer à leur portée quelque animal dont ils puissent faire leur proie (2).

« C'est dans les rochers les plus escarpés et dans les cavernes' les moins accessibles, dit Levaillant, qu'ils se retirent et passent leur vie. Dans ces endroits élevés , leur vue domine au loin sur la plaine , épie les voyageurs et les troupeaux épars ; ils fondent comme un trait , et tombent à l'improviste sur les habitans et les bestiaux qu'ils égorgent indistinctement , chargés de leur proie et de tout ce qu'ils peuvent emporter, ils regagnent leurs antres affreux qu'ils ne quittent, pareils au lion, que; lorsqu'ils se sont rassasiés, et que de nouveaux besoins les poussent à de nouveaux ma^acres. Mais comme la trahison marche toujours en tremblant, et que la seule présence d'un homme déterminé suffit souvent pour en imposer à ces troupes de bandits, ils

(1) Levaillant, deuxième Voyage, tomcdll, p. i63 et 164 — Sparrinan, tome I, ch. v, p. a63 et 264.

(2) Levaillanfc, tome I, ch. v, p. 25g et 260.

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