‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 259 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XXXII. 4g · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXXII. 4g

Une partie de la population de la Chine est soumise accidentellement à certaines corvées en versle gouvernement, et elle ne reçoit alors qu'un trèsfaible salaire (4). Dans les occasions où la multitude se rassemble, les officiers de police sont armés de fouets dont ils frappent la terre (fi). Des lois somptuaires mettent des bornes aux dépenses privées, et gênent ainsi la disposition de la propriété (3). Enfin, en cas d'insolvabilité, on peut réduire en esclavage un débiteur et les membres de sa famille (A). Ces lois et quelques autres ana^logues ne peuvent appartenir qu'à des nations qui ne sont pas entièrement libres ; et nous pouvons avoir raison de préfêrer»à la police chinoise une police faite avec des bâtons ou baïonnettes qui ne frappent point la terre (5).

Il ne faut pas cependant que ces usages ou ces lois nous fassent oublier que les paysans chinois ne sont point attachés à la glèbe ; qu'il n'y a d'es-

pénal de la Chine , traduit du Chinois par George-Thomas Staunton.

(1) Barrow, tome I, ch. iv, p. 272. — Macartney, t. III, ch. iv, p. 273 et 274. •

(2) Macartney, tomeII,ch. iv, p. 332.

(3) Barrow, tomel, ch. iv, p. 25o.

(4) Macartney , Voy. en Chine.

(5) J'ai souvent entendu vanter , sur le continent , la manière dont les constables anglais font la police. Armés , diton, d'une légère baguette, il leur suffit de faire un signe pour se faire obéir par le peuple. J'ai vu faire cette police , particulièrement les jours où il y a grande réception à la cour. La légère baguette des constables est un bâton bariolé

claves chez ce peuple que les personnes qui se vendent ou que les débiteurs insolvables (1 ) ; que ceux-là même peuvent , au bout d'un certain temps , réclamer leur liberté ; que le seul impôt qui existe est invariable; qu'il est perçu sur les produits des terres , et qu'il ne leur enlève que le dixième de leurs revenus ; qu'ils ignorent cette multitude de contributions sous lesquelles gémissent tous les peuples libres de l'Europe ; que leur empereur ne prend rien dans le trésor public j^our l'usage de sa maison ; qu'il l'entretient du produit de ses biens particuliers ; qu'il ne peut condamner personne à mort de son autorité privée; que, s'il veut«perSre ou opprimer un ennemi , il est obligé de corrompre ou d'intimider les juges , ce qui n'est pas toujours nécessaire chez les peuples du nord ; que le gouvernement soumet les fonctionnaires qui sWt à sa nomination, à des épreuves inconnues dans les états qui se prétendent les plus libres ; que , dans un em-

de diverses couleurs, court, et gros par un des deux bouts, à la manière des casse-têtes des sauvages; un seul coup bien appliqué suffirait pour assommer un homme. Les eonstabies qui en sont armés , et qui n'ont pas d'autres signes de leur autorité, sont si nombreux qu'on peut les croire redoutables. Cette police m'a rappelé la description que donne le capitaine Cook de la police en usage dans les îles de l'océan Pacifique. L'une et l'autre ont probablement la même origine : à tout prendre , les petits fouets des Chinois sont encore préférables.

(i) Un homme peut se vendre pour assister son père dans la détresse et pour le faire enterrer convenablement.

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