‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 29 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE V

espèces n'ont pas exactement les mêmes caractères -, on pourrait diviser chacune d'elles en un nombre plus ou moins considérable de variétés, différant entre elles autant que les premières diffèrent les unes des autres. L'espèce caucasienne est celle qui comporterait la division la plus considérable. On a attribué le grand nombre de variétés qu'on remarque chez elle à une organisation plus flexible, plus douce, plus délicate, et à une civilisation plus ancienne. L'espèce éthiopienne , qui est celle qui semble le plus s'éloigner de l'espèce caucasienne , comprend elle - même un grand nombre de variétés très-prononcées. Il y a plus de différences , par exemple , entre un Boschisman, un Cafre, et un habitant de l'Ethiopie , classés dans la même variété , qu'il n'y en a entre tel Malais, tel Européen, et tel Cafre appartenant à des espèces différentes. La division du genre humain en cinq espèces ou variétés n'est donc pas exempte d'arbitraire ; et il était peutêtre plus facile de porter la division à quinze ou vingt , que de prouver que tous les peuples du monde rentrent dans une des cinq espèces précédemment désignées (4).

(i) M. Bory de Saint- Vincent a divisé le genre humain en quinze espèces. Il n'admet point qu'il n'existe qu'une espèce primitive qui s'est divisée en plusieurs variétés. Il pense , au contraire, que les divisions qu'on a considérées comme de simples variétés, forment autant d'espèces primitives. On peut voir les raisons sur lesquelles il se fonde, dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle, au mot Homme.

C'est une question , parmi les physiologistes ? si le genre humain se divise en plusieurs espèces, ou s'il n'en comprend , au contraire, qu'une seule* dont les différens peuples qui existent sur la terre ne sont que des variétés. Buffon et Blumenbach ont pensé que le genre humain ne comprenait qu'une seule espèce; ils ont cru que la race caucasienne était la souche dont toutes les autres étaient dérivées, et que les hommes olivâtres, cuivrés, noirs ou basanés, n'étaient que des Caucasiens dégénérés.

Lawrence a recherché si les diverses espèces ou variétés qu'il a reconnues, doivent être considérées comme ayant existé depuis l'origine du genre humain, dû comme étant des résultats de variations subséquentes à la formation des hommes. Il a adopté l'opinion de Buffon et de Blumenbach ; et, jugeant du genre humain par les faits qu'il a crii observer chez certaines espèces d'animaux, il a attribué à l'état de domesticité les diverses variétés entre lesquelles le genre humain se divise.

Il est reconnu, parce que l'expérience de tous les jours nous le démontre, que les hommes de toutes les espèces ou variétés sont susceptibles de dégradation et de perfectionnement; mais quels sont les faits à l'aide desquels nous pouvons établir que telle ou telle variété est la souche primitive de laquelle toutes les autres sont dérivées. Un homme d'espèce caucasienne s'imagine que toutes les autres sont nées de la sienne -7 mais un

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