LIVRE III, CHAPITRE VI
approchant de la rouille de fer mêlée d'huile (i). Tous les peuples qui habitent depuis l'extrémité australe de l'Amérique jusqu'au centre delà zone torride ont une couleur semblable (2). Les peuplades qui habitent à l'autre extrémité du même continent, sont d'une teinte aussi foncée que celles qui sont placées sous l'équateur : la couleur de leur peau , dit Hearne , est celle du cuivre foncé (5). Les voyageurs qui ont parcouru ces immenses contrées dans toutes les directions , en ont porté le même témoignage (lî).
Il existe cependant quelques variations de couleur parmi ces peuples ; mais ces variations n'ont aucun rapport avec le plus ou moins de chaleur du climat. Dans le Canada, les Mississaguis qui habitent sur les bords du lac Ontario , sont d'une couleur plus foncée que les peuplades plus rapprochées, du sud. Leur peau, dit un
(1) Cook, troisième Voyage, liv. i , ch. v, tome II, page 336. — Bougainville, Voyage autour du monde, pre • mière partie, ch vm. , tome I, page i63 et 164. — Wallis , Voyage autour du Monde , tome II , chap. 1 , pag. 18 et 19.
fs'i) De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales , tome III, liv. ni, ch. 9, p. 227 et 278. — Dampier, Nouveau Voyage autour du Monde, tom. I, ch. xvn, p. i83.
(2) Heurne, Voyage à l'océan du nord, chapitre ix , page 285.
(4) Lahontan, Voyage dans l'Amérique septentrionale, tome II pag. 93 et 94. — Ellis, Voyage à la baie d'Hudson, p. 233. — Mackensie, Voyage dans l'Amérique septentrionale, tome I, p. 23o , 23 1 , 281 et 282. — Weld, Voyage au Canada, tome I, ch. 35, page 63.
voyageur, est d'une teinte plus noire que celle d'aucunes nations indiennes que j'aie rencontrées ; quelques-uns ressemblent à des nègres par la couleur (i). Les Californiens, qui habitent sous un climat tempéré , ont le teint plus foncé que les Mexicains, ou que d'autres peuples qui habitent des pays beaucoup plus chauds (â). Les Mexicains à leur tour sont plus basa'nés que les peuples qui habitent les contrées les plus brûlantes de l'Amérique (5). Le climat exerce si peu d'action sur le teint des peuples de cette espèce, que , lorsque des individus qui habitent différens climats se trouvent ensemble, il est impossible de déterminer, par la couleur, le pays de chacun d'eux (A).
Cependant, au milieu de cette multitude de peuplades au teint cuivré , qui sont répandues sur le continent américain , il s'en trouve quelques-unes dont le teint est peu foncé, et qui , par la couleur , par les traits , même par le langage, semblent appartenir à une espèce différente. Dans le Canada , on trouve, à côté de peuplades qui sont presque noires , d'autres peu-
(1) Weld, Voyage au Canada, tome II, ch. xxx, p. 247.
(2) Raynal , Histoire philosophique , tome III , liv. vi , pag. 5ig.
(3) De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tom. I, liv. 11, chap. vi, p. 385.
(4) Ulloa, Discours philosophiques, tome II, Dis. xyn,
pag. 3.