‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 42 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE VI. 8l · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VI. 8l

plades dont le teint n'est pas plus foncé que celui des habitans de l'Espagne ou du midi de la France. On trouve aussi sur la côte nord-ouest du même continent , des peuples qui n'ont pas le teint plus basané que les paysans de France, dontles traits ressemblent à ceux des Européens, et dont les enfans naissent blancs (4).

Ces différences , entre les peuples d'un même continent, nous expliquent comment Volney a pu trouver en Amérique des raisons pour croire à l'unité du genre humain. N'ayant vu qu'un petit nombre d'individus de la même peuplade, ayant observé qu'un de ces individus n'avait pas le teint plus foncé que les paysans du midi de la France , et ayant appris de lui que leurs enfans naissaient aussi blancs que ceux de la race caucasienne, que cet Américain n'avait probablement jamais vus , il a pensé que tous les indigènes de l'Amérique étaient semblables, et que leur teint prétendu cuivré n'était qu'un effet du climat. « Si, comme la physique le démontre, dit-il, il n'y a de couleur que par la lumière, il est évident que les diverses couleurs des peuples ne sont plues qu'à diverses modifications de ce fluide avec d'autres élémens qui agissent su/ la peau, et qui même la composent. Tôt ou tard il

(i) La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome II, ch. ix, p. 229 et 23o. — De Humholdt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. 11, ch. vi , p. 3S7 et 388. — Cook, troisième Voyage, tome V, liv. iv, ch. n p. 100 et 106.

sera démontré que le noir des Africains n'a pas d'autre origine (4).

Isaac Weld, que j'ai précédemment cité, a trouvé dans le Canada des peuplades semblables à celles dont Volney a observé quelques individus ; mais il en a trouvé aussi , sous la même latitude , de couleur de cuivre très-foncée. Il a observé des enfans nés d'individus d'espèce cuivrée, et il s'est convaincu qu'ils portaient , en venant au monde , les caractères qui distinguent leurs parens. Il lui a paru évident que ces peuples doivent à la nature les différentes nuances qui les caractérisent. « Je me suis formé cette opinion, dit-il, après avoir observé que les enfans nés de parens dont le teint était obscur, l'ont aussi obscur (â). » Les enfans de l'espèce cuivrée ressemblent si peu , à leur naissance, aux enfans de l'espèce caucasienne, que lorsqu'un enfant né d'une femme cuivrée était présenté au baptême, les missionnaires distinguaient , au premier as-

(i) Tableau du climat et du sol des États-Unis, tom II , pag. 437.

Sans discuter ici les effets que produit la lumière sur les corps, on conviendra du moins qu'elle ne produit pas sur tousdes effets semblables. Nous voyons croître sur le même sol, et sous les rayons d'un soleil également ardent, des roses de toutes les couleurs ; les cygnes, blancs dans les climats froids, ne deviennent pas gris sous les climats tempérés, et noirs sous la zone torride; les lis demeurent blancs sous le ciel le plus ardent, comme sous le climat le plus froid où il leur est possible de se développer.

(a) Voyage au Canada , tome III , ch. xxxv, p. 64 et 65.

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