LIVRE III , CHAPITRE VI
pect, si le père appartenait à Tune ou à l'autre de ces deux espèces (4). Enfin, M. de Humboldt, qui a fait un long séjour parmi les Américains , et qui les a observés sous diverses latitudes et à d ivers degrés d'élévation , s'est convaincu qu'ils portent en naissant le teint qui forme un des caractères de l'espèce américaine.
« Je n'ai pas vu, dit-il, les nations du Canada dont parle le chef des Miamis ( observé par Yolney ) ; mais je puis affirmer qu'au Pérou , à Quito, sur la côte de Caraccas , sur les bords de l'Orénoque et au Mexique, les enfans ne sont jamais blaijcs en naissant, et que les caciques indiens, qui jouissent d'une certaine aisance, qui se tiennent vêtus dans l'intérieur de leurs maisons, ont toutes les parties de leur corps , à l'exception de l'intérieur de leurs mains et de la plante des pieds , d'unè même teinte rouge, brunâtre ou cuivrée (â). »
Les nombreuses observations que M. de Humboldt a faites sur le continent américain , l'ont convaincu que la couleur particulière aux indigènes de ce continent n'est pas susceptible d'être changée par l'influence des climats, et qu'elle tient à des dispositions organiques qui , depuis
(i) Hennecjuin, Mœurs des sauvages de la Louisiane, p. 34.
(a) Essai politique sur la Nouvelle-Espagne , tome I , livre ii , ch. vi, p. 388 et 389. — - L'exception qéf observe M. de Humboldt à l'égard de la race cuivrée, a été observée par Camper à l'égard des races nègres, et par Kolbe à l'égard des Hottentots.
des siècles, se propagent de génération en génération (i). « L'effet de cette influence, dit-il, paraît presque nul chez les Américains et chez les Nègres. Ces races, dans lesquelles le carbure d'hydrogène se dépose abondamment sur le corps muqueux ou réticulaire de Malpighi, résistent singulièrement aux impressions de l'air ambiant. Les nègres des montagnes de la Haute-Guinée ne sont pas moins noirs que ceux qui a voisinent les côtes (â). »
Les Malais sont, de toutes les espèces, celle qui
(1) Voyage aux régions équinoxiales , Hv. m, ch. ix, tome III, p. 277 et 278.
(2) Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, ch. vi, p. 385.
On trouve , dans le Voyage aux régions équinoxiales de M. de Humboldt, des observations qui confirment celles qu'il a faites dans son Essai politique. Ce savant voyageur divise la population qui existait en Amérique avant la conquête , en plusieurs races ; et voici dans quels termes il parle, de ceux qui appartiennent à la race cuivrée: les hommes qui appartiennent à cette seconde branche sont plus grands, plus forts, plus guerriers, plus taciturnes. Us offrent aussi des différences très-remarquables dans la couleur de la peau. Au Mexique , au Pérou , dans la Nouvelle- Grenade, à Quito sur les rives de l'Orénoque et de l'Amazone, dans toute la partie de l'Amérique méridionale que j'ai examinée, dans les plaines comme sur les plateaux trèsfroids, les enfans indiens, à l'âge de deux ou trois mois , ont le même teint bronzé que l'on observe dans les adultes. L'idée ôfue les naturels pourraient bien être des blancs hâlés par l'air et le soleil, ne s'est jamais présentée à un Espagnol habitant de Quito, ou des rives de l'Orénoque. » Liv^ iiï , oh. ix ? tome III , p. 36o et 366,