‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 5 sur 276 · LIVRE ÏII, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE ÏII, CHAPITRE I

les actions malfaisantes, et ne céder à sa haine que dans la mesure nécessaire pour la répression de ces actions ou de ces habitudes, ce n'est pas un vice, c'est une vertu.

Ayant vu en quoi consiste le perfectionnement des diverses parties dont l'homme se compose , il est aisé de comprendre en quoi consiste la dégradation ou le défaut de développement. Nos organes physiques étant susceptibles de deux genres de développement, l'un qui consiste dans la bonté de leur constitution, et l'autre dans les divers genres d'aptitude que l'exercice leur a donnés, on peut dire qu'ils sont susceptibles de deux genres d'imperfection correspondais. Leur faiblesse, leur défaut de proportion, la difficulté avec laquelle ils remplissent les fonctions qu'exige la conservation de l'individu ou de l'espèce, constituent la dégradation du premier genre; la cessation complète de ces fonctions est la mort de l'individu. L'inhabileté, la maladresse, l'engourdissement qui résultent du défaut d'application et d'exercice, constituent le second genre de dégradation ; cette dégradation est plus ou moins profonde selon que les actions que l'individu est incapable d'exécuter sont plus ou moins importantes.

Les facultés intellectuelles de l'homme sont également susceptibles de deux genres d'imperfection : l'un qui résulte d'un vice d'organisation, l'autre qui est produit ou par une absence complète d'exercice, ou par une fausse applica-

tîon. Un individu qui ne peut fixer son attention sur aucun objet, d'une manière suivie, ou retenir les impressions faites sur son esprit par les objets extérieurs, ou combiner le petit nombre d'idées qu'il a reçues, est atteint du premier genre d'imperfection . Il en est de même de celui qui ne peut apercevoir les rapports qui existent entre ses idées, ou en suivre la liaison ; îi en est encore de même de celui qui est incapable de recevoir des impressions justes, ou de corriger par l'application de ses organes, les fausses idées qui ont pénétré dans son esprit. Ces diverses espèces d'imperfection sont susceptibles de gradation : lorsqu'elles sont portées jusqu'à un certain degré, on les désigne sous le nom d'imbécilité , de faux jugement ou de manie, sans qu'il soit possible cependant de fixer le point auquel la manie ou Fimbécilité commencent.

L'imperfection ou la dégradation morale de l'homme peut tenir à trois causes : à la fausse direction des passions , à leur faiblesse , à un excès de force. Les passions ont reçu une fausse direction, si les affections bienveillantes , telles que l'amour, l'amitié, la sympathie, la pitié, l'admiration, le respect, se dirigent vers des actions ou des objets funestes au genre humain, et si les passions malveillantes, telles que la haine, Paversion , l'antipathie, le mépris, se portent sur des objets ou des actions contraires. La faiblesse des passions est dans l'homme une imperfection morale, lorsqu'elles n'ont pas assez d'é-

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