‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 51 sur 276 · LIVRE III , CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE III , CHAPITRE VII

seulement des peuples d'espèce malaie au milieu desquels ils habitent, par la couleur , les cheveux et les proportions du corps ; ils diffèrent d'eux surtout par la langue, par les usages , par les mœurs, par le degré de civilisation. Quoique souvent très-rapprochés les uns des autres ; ils paraissent n'avoir jamais eu de communication ensemble; tandis qu'au premier aspect on reconnaît les habitans des îles Sandwich , ceux de la Nouvelle-Zélande, ceux de l'île de Pâques et ceux de l'île de Sumatra, pour appartenir à la même espèce, quoique les premiers soient éloignés des seconds de soixante degrés ou onze cents lieues, et que les troisièmes soient séparés des quatrièmes par une distance de cent cinquante degrés, près de la moitié de la circonférence delà terre.

Les peuples d'espèce américaine diffèrent les uns des autres par une teinte plus ou moins foncée, par une taille plus ou moins élevée, et surtout par le langage; mais, sous tous les autres rapports , il existe entre eux une si grande ressemblance, que , suivant Ulloa, lorsqu'on a vu un Indien de quelque contrée que ce soit, on peut dire qu'on les a vus tous (i), M. de Humboldt a trouve de l'exagération dans cette assertion sur la similitude des formes ; mais il a été fo&ppé néanmoins de l'air de famille qui existe chez tous ces peuples , quel que soit le climat sous lequel ils vivent. Sur un million et demi de

U) Discours philosophiques, lorae II? dise, xvn, p. S,

lieues carrées , dit-il , depuis les îles de la terre de Feu , jusqu'au fleuve Saint-Lauçent et au détroit de Behring, on est frappé au premier abord de la ressemblance que présentent les traits des habitans. On croit reconnaître que tous descendent d'une même souche , malgré l'énorme différence des langues , et la distance qui les éloigne les uns des autres (i). Il faut bien que cette ressemblance de famille soit frappante, puisqu'en lisant les diverses relations de voyages faits sur les côtes ou dans l'intérieur de ce continent, on trouve que tous les voyageurs ont attribué aux indigènes à peu près les mêmes caractères (â).

Les peuples d'espèce cuivrée répandus sur la surface du continent américain > habitent sous toutes les zones , depuis la zone torride jusqu'à la zone glaciale ; cependant leurs traits comme leur couleur restent invariables. Les variations

( i ) Essai politique sur la Nouvelle-Espagne , tome I, liv. li, ch. v, p. 81 et 82.

(2) Buffon, Voltaire, Robertson et de Paw ont prétendu que les individus de race américaine n'avaient point de barbe ; c'est une erreur qui n'a presque plus besoin d'être réfutée. Les hommes de cetteespèce ont «Te la barbe comme ceux de l'espèce mongole; ils l'ont rare, mais forte et grossière. C'est le soin qu'ils prennent de s'épiler, qui a fait croire qu'ils n'en avaient point du tout. S'il se rencontre des individus qui en soient privés, ce sont des exceptions rares, et qui ne s'étendent jamais à une peuplade. De Humboldt, essai politique sur la Nouvelle-Espagne , t. I, liv. 11, ch. vi , p. 38() et 390, et Voyage aux régions équinoxiales , liv. ni, ch. ix , t. III , p. 293 et 294. — Despons , Voyage à la Terre-

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