LIVRE III, CHAPITRE VII
qu'on aperçoit entre eux, n'ont aucun rapport avec le plus ou moins de chaleur qu'ils éprouvent. Ce n'est donc pas à la chaleur du climat qu'il est possible d'attribuer les différences qu'on observe entre les hommes de l'espèce cuivrée et les hommes] des autres espèces. Depuis que les Européens se sont établis sur le continent d'Amérique, et qu'ils y ont porté des hommes d'espèce éthiopienne, les indigènes ne sont pas devenus plus semblables aux hommes de ces deux espèces, que ceux-ci ne sont devenus semblables aux indigènes. Chaque espèce, si elle n'a pas été modifiée par des alliances , a conservé tous les caractères qui lui sont propres.
Les peuples d'espèce malaie sont ceux qui , par leur constitution physique, se rapprochent le plus de l'espèce caucasienne. Les variations qu'on observe chez eux , portent particulièrement,
Ferme, t. I, ch. iv, p. 278. — - La Pérouse , Voyage autour du Monde, t. II, ch, ix, p. 229 et 23o. — Rollin, Voyage de La Pérouse, t. IV , p. 52 , 53 et 58. — Stedmann , Voyage à Surinam, t. II, ch. xiv, p. 93 et 95. — Dixon, Voyage autour du monde, t. II, p. 10 et 11. Hearne, Voyage à l'Océandu Nord, ch. ix, p. 285. Mackensie, Voyage dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale, t. I, p. 23o et 23 1 ,et 282 et 283. — Les philosophes qui, sur la foi de quelques rapports^uperficiels , ont prétendu que les Américains n'avaient pomt de barbe, ont longuement exposé les raisons de ce prétendu phénomène. Ceux qui seraient curieux de les connaître peuvent consulter de Paw , Recherches philosophiques sur les Américains, t. I , ire partie. Il est difficile d'exposer avec plus de talent les causçs d'un fait qui n'existe pas.
comme celles que nous avons observées chez les peuples d'espèce américaine } sur la tailLe, et sur le teint que les uns ont un peu plus foncé que les autres. Les traits varient d'un individu à un autre comme chez les Européens ; mais les différences qui existent entre eux n'ont aucun rapport avec la température du climat. Dans la Nouvelle- Zélande , à l'île de Pâques et dans les îles Marquises , on trouve également des hommes qui ont des traits européens et des cheveux noirs , châtains , lisses et bouclés. Suivant un voyageur , la face des habitans de l'île de Pâques ne diffère de celle des Européens que par la couleur , et il ne manque aux femmes que le teint pour être Belles, dans le sens que nous attachons à ce mot (i ) . Les habitans des îles Marquises , beaucoup plus rapprochés de l'équateur, ne diffèrent d'eux et de ceux de la Nouvelle-Zélande , que par une plus grande régularité dans leurs traits. Ils ont le cou long et d'une belle forme , de beaux yeux grands et noirs , de belles dents , et toutes les parties du corps bien proportionnées. Les femmes, dit Krusenstern , sont en général très-belles ; leur tête surtout est admirable ; elles l'ont bien proportionnée ; le visage plutôt rond qu'ovale , de grands yeux brillans ; le teint fleuri , de très-belles dents, et des cheveux qui bouclent naturellement (2). Ces peuples sont placés
(1) Rollin, Voyage de La Pérouse , t. IV, p. 19 et 20.
(2) Krusenstern, Voyage autour du monde, t. 1, ch Ht,