‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 58 sur 276 · X.IYRE Ili , CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

X.IYRE Ili , CHAPITRE VIII

chaque espèce ; les différences de constitution , d'intelligence et de mœurs , qu'on observe entre les individus ou les nations qui appartiennent à la même espèce , et qui , par conséquent portent les mêmes caractères , tiennent en grande partie à Faction d'agens extérieurs ; il s*agit de savoir quels sont ces agens, et quelle est l'influence propre à chacun d'eux.

Il y a une action et une réaction continuelle entre les hommes , et les choses au milieu desquelles la nature les a placés ; la nation qui exerce sur les objets qui l'environnent , l'action la plus variée , la plus continue , la plus puissante , est nécessairement la plus intelligente , la plus industrieuse , la plus civilisée , la plus nombreuse comparativement à l'espace qu'elle occupe; celle qui exerce, au contraire , l'action la plus bornée ou la moins puissante , est généralement la moins nombreuse et la moins civilisée.

L'homme n'agit sur les choses que pour écarter l'influence de celles qui lui seraient funestes, ou pour se placer sous l'action de celles qui peuvent lui être utiles. Il suit de là que l'industrie, le commerce, les connaissances, les mœurs d'une nation , et le nombre d'individus dont elle se compose, sont en très-grande partie déterminés par les divers objets qui l'environnent. Un peuple qui se trouve au milieu d'une nature rebelle et en quelque sorte immuable , ne saurait faire les mêmes progrès que celui qui peut faire concourir a la satisfaction de ses désirs ou de ses besoins la

plupart des choses au milieu desquelles il est placé. •

J'ai fait voir précédemment que la simple connaissance de la nature des choses suffit pour faire faire des progrès à une nation ; mais cette connaissance ne peut nous servir que lorsque nous avons le moyen d'agir , soit sur nous - mêmes 9 soit sur les divers objets à l'action desquels nous sommes ou nous pouvons être soumis. Il s'agit de savoir quelles sont les positions physiques dans lesquelles les hommes peuvent faire des progrès plus ou moins considérables , et celles où la nature les a condamnés en quelque sorte à rester stationnâmes^ et où les connaissances qu'ils pourraient acquérir seraient stériles pour eux. Il s'agit de savoir surtout s'il est des positions où le développement des intelligences et le perfectionnement des mœurs soient impossibles } et quelles sont ces positions.

S'il en est du genre humain comme de tous les genres d'êtres animés ? s'il se subdivise en plusieurs espèces , et si elles diffèrent les unes des autres par leur organisation , il est possible qu'elles ne soient pas toutes susceptibles du même développement intellectuel , et par conséquent du même perfectionnement moral et physique. Aussi y dans les recherches auxquelles je vais me livrer, mon intention n'est pas de comparer diverses espèces entre elles ; je n'ai pour objet que de comparer entre elles des nations qui sont de même espèce , mais qui se trouvent dans des cir-

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