‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 59 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE VUI. Il · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VUI. Il

constances physiques différentes. La question, pour ces nations , est de savoir si , par des circonstances accidentelles de position , elles sont devenues incapables de discerner la vérité de l'erreur., de contracter de bonnes habitudes et d'en perdre de mauvaises; ou si , ayant en ellesmêmes la capacité de concevoir la vérité , elles ne sont pas arrêtées dans leurs progrès par des circonstances locales.

Les fausses religions et les gouvernemens vicieux opposent, de grands obstacles au développement des nations ; mais , si une fausse religion et un mauvais gouvernement étaient des obstacles invincibles , quel est le peuple qui ne serait pas resté dans une éternelle barbarie ? car quel est celui qui n'a jamais été soumis à un gouvernement despotique , ou chez lequel on n'a jamais vu régner une religion mensongère? Il n'est point d'erreur ou de fausse opinion qui n'ait eu un commencement , et qui par conséquent ne puisse être détruite. L'homme , en venant au monde, n'apporte point dans son esprit un système religieux et un système politique tout formés. Les idées de gouvernement et de religion qu'il acquiert, lui sont données à mesure que son entendement se forme , et les circonstances qui président à cette formation peuvent varier à l'infini .

Il ne s'agit ici que de rechercher les causes qui agissent constamment sur l'homme, et qu'il n'est pas en son pouvoir de détruire , telles que

Je climat i la position des lieux , le cours des eaux ? la nature du sol et autres semblables. La chaleur du climat £ suivant le système de plusieurs écrivains ? et la vieillesse des peuples suivant quelques autres i peuvent être des obstacles invincibles au perfectionnement des hommes. En exposant l'état physique > intellectuel et moral des peuples de toutes les espèces , sur les diverses parties du globe , je ferai voir que ces opinions sont loin d'être fondées sur une exacte observation des faits.

Pour déterminer d'une manière complète quelle est l'influence des lieux et du climat sur les hommes y il faudrait se livrer à des recherches qui excéderaient de beaucoup les limites que je me suis prescrites > et la nature même de cet ouvrage. Il faudrait embrasser non-seulement l'histoire naturelle tout entière , mais encore l'histoire physique / morale et politique du genre humain ; et l'on rencontrerait en chemin beaucoup de questions qu'on n'aurait aucun moyen <le résoudre. Si l'on ne veut pas se perdre dans <les recherches sans fruit et sans fin , on est obligé de se borner à observer les causes les plus générales et les plus influentes f et pour bien voir ces causes ; il faut constater d'abord les degrés de «civilisation auxquels sont parvenus y en différons lieux ? les peuples de diverses espèces. Le moyen le phiS'infaiiliblc de s'égarer dans des recherches dejcé genre. et de se jeter dans d'interminables ^•disoudskms y sera if/ dfc> pétow^re déterminer les

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