‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 70 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IX. l

est faible; plusieurs ont les jambes enflées , et , suivant le témoignage de La Pérouse , le plus fort d'entre eux eût été culbuté par le plus faible de ses matelots (4). Les habitans de Nootka, placés sous le quarante -neuvième degré trentesix minutes , sont un peu au-dessous de la taille moyenne ; mais ils ont le corps bien arrondi ; et leurs membres , quoique potelés ? ne paraissent jamais acquérir trop d'embonpoint (â). Enfin \ les Indiens de Monterrey , sous le trente -sixième degré quarante et une minutes de latitude, sont bien faits et robustes, et leurs ouvrages annoncent beaucoup d'adresse (3).

La constitution physique de l'homme est donc plus forte sous les climats tempérés que sous les climats froids, dans le nord du continent américain. Elle ne s'affaiblit pas, lorsqu'on avance sous les tropiques; plusieurs tribus , qui vivent entre le vingtième et le vingt-deuxième degré de latitude australe , excèdent de beaucoup les Européens par leur taille et leur force. La taille commune des*Mbayas est de cinq pieds huit pouces ; celle des Lenguas est de cinq pieds neuf pouces ; leurs formes et leurs proportions sont très-belles. Beaucoup d'autres peuplades sont constituées

(1) La Pérouse, Voyage autour du monde, tome II, ch. ix, p. 208, 229 et 23o.

(2) Cook , troisième voyage , liv. iv, chap. 11 , tome V, p. 100 et 106.

(3) Broughton, Voyages de découvertes, tome I , liv. ij ch. m, p. 0/5.

dans les mêmes proportions (4). Les Caribes, qui vivent presque sous l'équateur, entre le huitième et le dixième degré de latitude australe , sont d'une constitution encore plus forte. Ce sont, suivant M. Alexandre de Humboldt, des hommes d'une stature presque athlétique. Us ont paru à ce voyageur plus élancés que les Indiens qu'il avait vus jusqu'alors ; leurs femmes sont également très-grandes. Les forces et l'énergie de ces peuples sont proportionnées à leur stature ; lorsqu'ils sont excités par quelque motif , ils rament contre le courant le plus rapide , pendant quatorze ou quinze heures de suite , par une chaleur de trente degrés du thermomètre de Réaumur (2). Les hommes qui vivent sur l'Amazone , sous l'équateur, ont la même force et la même énergie (3). Les Indiens Tenateros ; qui travaillent aux mines du Mexique , restent chargés continuellement, pendant cinq ou six heures ? de deux cent vingt-cinq à trois cent cinquante livres l étant en

(1) Azara, Voyage dans l'Amérique méridionale, tome II, ch. x et Xi, p. io5, 149, 182 et i83.

(2) De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. vu, ch. xix, tome VI , p. 257 et 258.

Il ne faut pas confondre les Caribes dont parle ici M. de Humboldt, avec les Zambos dégénérés de l'île de Saint-Vincent, qu'on désignait jadis sous le même nom que sous celui de Caraïbes.

(3) De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome II , Hy. 11, ch. v, p. 36o et 36i, et tome VI, liv. vu , p. 379 et 38o.

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