CHAPITRE IL
Des effets généraux qui résultent du développement des facultés humaines. — Erreurs de quelques philosophes à ce sujet.
Un homme ne peut perfectionner aucune partie de lui-même, sans qu'il en résulte plusieurs avantages , soit pour lui - même , soit pour ses semblables : le perfectionnement de ses organes physiques produit la santé , la force , l'adresse ; l'agilité ; il le met à même d'exécuter une multitude d'opérations nécessaires à la satisfaction de ses besoins pu de ses plaisirs , et de se garantir d'une foule d'accidens ; il lui rend moins nécessaires les secours gratuits de ses semblables , et contribue ainsi à son indépendance ; il le délivre des craintes qui sont une suite naturelle de la faiblesse ou de la maladresse ; enfin, il contribue à sa satisfaction intérieure, en lui donnant la conscience des services qu'il peut rendre , soit à lui-même, soit à d'autres.
Le perfectionnement de ses facultés intellectuelles le met à même de faire de ses organes physiques et des choses dont il peut disposer, l'usage le plus avantageux pour lui et pour ses semblables ; il lui donne une influence plus ou
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moins étendue sur les personnes dont l'intelligence est moins développée , et accroît ainsi sa puissance ; il lui fournit le moyen de diriger les forces de la nature, de les contraindre à travailler pour lui et à produire les choses propres à satisfaire ses besoins de préférence à celles qui lui seraient funestes ou inutiles ; il contribue , de même que le perfectionnement de ses organes physiques, à accroître son indépendance, à le garantir de plusieurs dangers , et à le délivrer des craintes qui environnent les personnes dont l'entendement est peu développé ; il lui fait prévoir les conséquences éloignées de ses actions , et le met à même de prendre , dans toutes les occasions, le parti le plus avantageux pour lui et pour les autres ; il lui donne le moyen de rendre à autrui un grand nombre de services, et accroît ainsi sa satisfaction ' intérieure par le sentiment même de son utilité; enfin, il le met en communication avec les personnes dont l'entendement est également développé, et le fait participer à leurs découvertes et à leurs progrès.
Le perfectionnement de ses facultés morales, qui est la suite ordinaire du perfectionnement de ses facultés intellectuelles , quoiqu'il ne le soit pas toujours, produit des avantages qui ne sont pas moins étendus. Le premier, c'est de mettre l'homme ^en paix avec ses semblables, et de lui assurer, dans tout état civilisé , le plus grand des biens, celui dé la sécurité. Il est évident, en ef- Êçfc, que l'homme qui n'éprouve que des passions