LIVRE III, CHAPITRE IX. ID
du nombre des nomades qui vivent au sud de Buenos- Ayres. Presque tous les hommes étaient à cheval et couverts d'une peau de guanaque (4). Azara croit que ce sont les mêmes que les Tchuelchus. D'autres tribus, qui vivent entre le trentesixième et le quarantième degré, presque sous la même latitude, se distinguent également par leur haute taille et par leurs forces musculaires. Toutes ces penplades sont remarquables par leur énergie et par leur courage (â). -
Si Ton devait juger par ces faits de l'influence qu'exerce ? en Amérique , le climat sur la consti-
(i) Ce qui me porte à croire que les peuples qui vivent au sud de la Plata, jusqu'au détroit de Ma gellan, sont nomades, c'est la nature même du sol, qui ne permet pas à l'homme d'y avoir des demeures fixes. Ce sol, dépourvu d'arbres, est trop salé pour qu'on puisse s'y livrer à la culture des céréales. « On peut dire que depuis la rivière de la Plata jusqu'au détroit de Magellan il n'existe point d'arbres, et qu'on ne trouve pas même un buisson. » Azara , Voyage dans l'Amérique méridionale , tomeI,liv. v, p. io3 et 104, et liv. vi, p. 141.
En admettant que les peuples qui habitent au sud de la rivière de la Plata sont nomades, comme cela paraît prouvé, on ne sera plus étonné des contradictions dans lesquelles paraissent tombés les voyageurs qui ont visité la côte des Patagons ; les peuplades vues par les uns, peuvent ne pas être les mêmes que celles qui ont été vues par les autres. Bougainville n'a pas mis en doute que ces peuples ne fussent nomades. Voyage autour du monde , première part., ch. vVn , tome I, p. 166,
(a) Azara, Voyage dans l'Amérique méridionale, tome II? ch. x, p. 35, 42, 41, 5o et 5i.
l40 TRAITÉ DE LÉGISLATION.
union physique de l'homme, on penserait que cette influence est analogue à celle qui paraît être exercée sur le règne végétal. Dans ces contrées, on rencontre, sous l'équateur, une végétation vigoureuse; elle s'affaiblit à mesure qu'on avance vers les deux pôles, et enfin on ne trouve plus que quelques sapins et quelques bouleaux rabougris. On pourrait, à l'aide de ces faits, fonder un système diamétralement opposé à celui de Montesquieu ; mais ce serait encore un, système ; car on trouve, à coté des grands et vigoureux Caribes, quelques peuplades dont la taille est même au-dessous de la nôtre (4); tandis qu'à côté des peuples faibles qui vivent vers le pôle du Nord , on en trouve d'une force moyenne. Ces variations ont fait croire à plusieurs voyageurs que le froid et la chaleur sont sans influence sur la taille et la force des hommes (â).
Les observations faites sur les peuples qui habitent les îles du grand Océan , présentent les mêmes résultats que celles qui ont été fait<^3§r le continent américain. Les hommes les plus grands et surtout les mieux constitués de cet Océan sont ceux qui habitent les îles Marquises de Mendoça, observés sous lç dixième degré
(1) De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. livQpii, ch. ix, p. 277 et 278.
(2) ïJUoa, Discours philosophiques, tome II, dise, xvii , p. 5. — Azrira, Voyage dans l'Amérique méridionale, t. II, eh. xi, ]>. 17 et 18.