‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 73 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IX. l

vingt-cinq minutes de la itude australe. Leur taille ordinaire est de cinq pieds huit pouces ; ils ont la poitrine et les épaules larges ; les cuisses pleines et musculeuses ; la voix forte et sonore. Leur beauté est telle que les sculpteurs pourraient les prendre pour modèles : on trouverait parmi eux , dit Fleurieu , des Hercule, des Antinous et des Ganimède (4). Ces peuples surpassent tellement en beauté les peuples des autres archipels qu'on ne peut pas établir entre eux des comparaisons (â)

Les habitans des îles des Navigateurs vivent entre le seizième et le quatorzième degré de latitude australe ; ils ne sont par conséquent éloignés que de quatre degrés de plus de l'équateur que

(1) Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, t.I, ch. n, p. i5i et i52. — Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. iv, pag. 179 et 199.

(2) Rrusenstern, Voyage autour du monde, t. I, ch. vu et ix, p. 164, 180, 2o3, 204 et 206. — Laiigsdorffs Voyages and travels in various parts ofthe tvorid, t. V, p. io8> — Cook , deuxième voyage, t. III, ch. v, p. 217 et 218.

Cook donne sur les habitans des îles Marquises des détails moins circonstanciés que le capitaine Marchand; mais il porte sur la beauté de leur constitution un jugement semblable; il dit qu'ils sont la plus belle race des habitans de cette mer, et paraissent surpasser toutes les autres nations par la régularité de leur taille et de leurs Iraits; il ajoute, en parlant des jeunes gens qui n'étaient pas encore tatoués . « Leur beauté était si frappante qu'elle excitait notre admi ration ; nous mettions la plupart d'entre eux à côté des mo dèles fameux de l'antiquité. »

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les habitans des îles Marquises : ils ne différent d'eux que de fort peu. Ce sont les plus grands et les mieux faits que La Pérouse ait rencontrés dans ses voyages; leur taille ordinaire est de cinq pieds neuf;, dix ou onze pouces ; mais ils sont moins remarquables par leur taille que par les proportions colossales des différentes parties de leur corps. Un très-petit nombre sont au-dessous de cette taille; quelques-uns n'ont que cinq pieds quatre pouces , mais , dit le célèbre voyageur qui nous en a donné la description , ce sont les nains du pays ; et quoique leur taille semble se rapprocher de la nôtre , leurs bras forts et vigoureux, leurs poitrines larges , leurs jambes, leurs cuisses, sont encore dans une proportion très -différente ; on peut assurer qu'ils sont aux Européens ce que les chevaux danois sont à ceux des différentes provinces de France (i). Les femmes sont d'une taille proportionnée à celle des hommes ; elles sont grandes , sveltes , et ont de la grâce; quelques-unes sont très-jolies (â). Les descendans des Malais, ajoute La Pérouse, ont acquis dans ces îles une vigueur, une force, une taille et des proportions qu'ils ne tiennent pas de leurs pères, et qu'ils doivent sans doute à l'abondance des subsistances , à la douceur du climat, et à l'influence des différentes causes phy-

(i) La Pérou3e, Voyage autour du monde, t. III , ch. xxv

p. 272 et 273.

fa) La Pérouse, tome III, eh. xxv, p. 23/, et 27/4.

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