‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 85 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE X. l · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE X. l

On peut trouver . 8ans doute , dans quelques parties du nord de l'Allemagne , des populations qui ont une stature plus haute que certaines populations de France, d'Italie ou d'Espagne ; mais aussi on trouverait aisément, chez ces trois dernières nations , des populations plus belles qu'un grand nombre de celles qui existent dans le nord de l'Europe. Dans plusieurs provinces de France, en Normandie et dans les plaines et les montagnes d'Auvergne , par exemple , on trouverait d'aussi beaux hommes que dans quelques parties de l'Europe que ce soit. On peut en dire autant de quelques provinces de l'Italie et de l'Espagne 5 le premier de ces deux pays surtout renferme des hommes remarquables par leur belle constitution (-1). *

J'ai fait observer précédemment que Montes--

proportionnés à la petitesse du corps : leurs jambes sont déliées ; les bras longs , et toute cette petite machine semble

remuée par un ressort Voilà la description de ce petit

animal qu'on appelle Lapon, et l'on peut dire qu'il n'y en a point, après le singe, qui approche plus de l'homme. » Voy. de Laponie , tome I, p. ri8, 1 19 , édit. de 1823.

On peut comparer cette description des peuples qui habitent au-delà du soixante- cinquième degré de latitude boréale, à celle des hommes qui habitaient jadis dans la partie la plus méridionale de l'Europe, et qui servirent aux sculpteurs grecs de modèle pour faire l'image de leurs dieux.

(1) Des physiologistes anglais en ont été particulièrement; frappés. W. Lawrence' s Lectures on physiology, zoology , and the natural history of man. delweredat the royal college of Surgeons, ch. iv, p. 352 et 353.

l66 TRAITÉ DE LÉGISLATION.

quieu avait pris dans Chardin son système sur les effets produits par les climats chauds. En parlant des effets produits par les climats froids, il n'a fait qu'exprimer d'une manière générale ce que César et Tacite ont dit de la taille et de la force des peuples de Germanie. Nos soldats, dit César, questionnent les Gaulois et les marchands, qui leur racontent « que les Germains sont d'une énorme « stature, d'une valeur incroyable, très-aguerris, « et d'un aspect si farouche qu'ils n'avaient pas « seulement pu soutenir leurs regards , dans plu- « sieurs combats qu'ils leur avaient livrés » (4). César dit ailleurs que les Germains passent toute leur vie à la chasse ou dans les exercices guerriers (â), et Montesquieu réduit encore ce fait en système général comme il y a réduit celui qui le précède. Dans les, pays du nord, dit-il, une ma-

(1) Caes. Bell, gall., lib. i,cap. vin.

Si les descendans des Gaulois faisaient aujourd'hui la description des descendans des Germains , ils vanteraient sans doute leur courage ; mais ils n'en feraient pas cependant un portrait si effrayant. Faut-il penser que les uns ont dégénéré et que les autres se sont perfectionnés ? Le climat d'Allemagne est-il devenu plus chaud , ou celui de France s'est-il refroidi? Il est remarquable que César fait lui-même sur les Gaulois une observation analogue à celle ^ue les Gaulois faisaient eux-mêmes sur les Germains. « Leur taille avantageuse, dit-il, fait mépriser aux Gaulois la petitesse de la nôtre; »(Jbid. c. vu) d'où l'on pourrait conclure ou que les Romains étaient des nains , ou que les Germains étaient des géans.

(2) Caes. Bell, gall., lib. vi, c. îy.

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