‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 88 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XI. I7I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XI. I7I

stance qui influe sur la température de Fatmo- • sphère ; une île peu étendue, située au milieu de FOcéan, jouit d'une température plus douce et moins inégale que celle qu'on éprouve, au même degré de latitude, sur un vaste continent; les étés y sont moins brûlans -, les hivers y sont moins froids; l'élévation et le voisinage des montagnes, réloignement ou la proximité de la mer , exercent aussi sur la température de l'atmosphère une grande influence.

Quand on parle d'un climat froid on n'entend pas désigner un pays qui n'éprouverait jamais les effets bienfaisans du soleil ; car rien ne saurait vivre sur une terre entièrement privée de chaleur. On n'y trouverait point de végétation, par

on voit changer la physionomie du pays, l'aspect du ciel , le port des plantes, la figure des animaux, les mœurs des habitans et les genres de culture auxquels ils se livrent, » Essai politique sur la Nouvelle-Espagne , tome II , liv. 111, ch. vin p. 336.

Ce savant voyageur dit ailleurs : « Ces considérations générales sur la division physique de Ja Nouvelle-Espagne, offrent un grand intérêt politique. En France , même dans la plus grande partie de l'Europe , l'emploi du territoire et les divisions agricoles dépendent presque entièrement de la latitude géographique ; dans les régions équinoxiales du Pérou, dans celle de la Nouvelle-Grenade et du Mexique , le climat , la nature des productions , l'aspect, j'ose le dire, la physionomie du pays , sont uniquement modifiés par l'élévation du sol au-dessus de la surface des mers. L'influence de la position géographique se perd auprès de l'effet de celte élévation. Des lignes de culture semblables à celles qu'Arthur Young et M. Decandolle ont tracées sur les projections horizontales

conséquent point d'animaux, ni d'alimens pour l'homme. k •

En parlant des climats froids favorables au genre humain, on n'a donc voulu parler que des pays où Ton a des alternatives de froid et de chaleur, mais où la durée de la saison rigoureuse excède la durée de la belle saison : le Kamstchatka, par exemple, a près de neuf mois d'hiver et environ trois mois d'été; c'est un pays froid. Un pays tempéré est celui où le temps de la végétation égale à peu près en durée le temps pendant lequel la nature se repose ; telle est une grande partie de l'Europe. Enfin > un pays chaud est celui où la nature n'a point de

de la France ne peuvent être indiquées que sur des profils de la Nouvelle-Espagne.

» Sous les dix -neuvième et vingt-deuxième degrés de latitude, le sucre, le coton, surtout le cacao et l'indigo, ne viennent abondamment que jusqu'à six ou huit cents mètres de hauteur. Le froment d'Europe occupe une zone qui , sur la pente des montagnes , commence généralement à quatorze cents, et finit à trois mille mètres. Le bananier ( musaparadisiaca ), plante bienfaisante qui constitue la nourriture principale de tous les habitaris des tropiques , ne donne presque plus de fruit au-dessus de quinze cent cinquante mètres. Les chênes du Mexique ne végètent qu'entre huit cents mètres et trois mille cent mètres. Les pins ne descendent vers les côtes de la Vera-Gruz que jusqu'à dix huit cent cinquante mètres; mais aussi ces pins ne s'élèvent, près de la limite des neiges perpétuelles , que jusqu'à quatre mille mètres de hauteur. *>

Essai politique sur la Nouvelle-Espagne , tome I , liv. r ,

ch. m, p. 290 et 291*.

Page 1