‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 91 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XI. I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XI. I

habitant de la France. Les hommes du midi qui voyagent d^ns le Nord pendant l'hiver, trouvent ordinairement que les aj)partemens y sont beaucoup trop échauffés. Les habitans des pays chauds ne peuvent pas, il est vrai, se soustraire à Faction de la chaleur avec la même facilité que les habitans des pays froids peuvent se soustraire aux intempéries de l'air ; mais nous avons vu, par de nombreux exemples , que la chaleur est loin d'être contraire au développement physique des hommes.

Les pays les plus favorables au développement des organes physiques de Fhomme, sont donc ceux qui fournissent , avec le moins de peine , des alimens abondans et de bonne qualité ; ceux où Ton respire un air salubre , et qui sont en toute saison arrosés par des eaux que rien ne vicie ; ceux où Ton n'est pas exposé à de fortes et brusques transitions de température ; ceux enfin où les hommes peuvent se livrer à des exercices modérés , et jouir en sécurité de tous les bienfaits de la nature.

Mais toutes les espèces d'hommes ne paraissent pas susceptibles d'acquérir le même développement physique ; les individus les plus grands et les mieux constitués de l'espèce mongole, sont inférieurs, par la taille et par la vigueur ? aux hommes les mieux constitués de l'espèce malaie; et il ne paraît pas que toutes les variétés de l'espèce caucasienne puissent acquérir le même développement que quelques-unes des variétés de

l'espèce cuivrée ; cependant la force musculaire et l'élévation de la taille [sont au nombre des qualités qui j dans chaque e'spèce, sont les plus susceptibles de variation.

J'ai précédemment distingué deux genres de perfectionnement de nos organes physiques : celui qui consiste dans la bonté de leur constitution, et celui qui consiste dans la puissance que l'étude et l'exercice leur ont donnée de remplir certaines fonctions , ou d'exécuter certains travaux. Nous ne nous sommes occupés ici que du premier . parce qu'il est le résultat immédiat des causes extérieures qui agissent sur l'homme ; le second étant en grande partie subordonné au développement des facultés intellectuelles, j'en parlerai quand j'aurai fait connaître quelles sont les circonstances qui favorisent ou contrarient le développement de l'intelligence humaine.

Je me suis borné , dans ce chapitre , à indiquer les causes générales qui secondent le premier de ces deux genres de développement , ou qui y mettent obstacle : j'en ferai connaître les causes spéciales en traitant des rapports qui existent entre chaque population, et les circonstances physiques au milieu desquelles la nature l'a placée.

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