‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 92 sur 276 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Du développement intellectuel acquis en Amérique , sous différais degrés de latitude, par des peuples d'espèce cuivrée.

Si Ton veut déterminer avec quelque précision Tinfluence qu'exercent sur les hommes les circonstances physiques au milieu desquelles ils sont placés, il ne faut pas comparer entre elles des nations appartenant à des espèces différentes; il faut mettre en parallèle des^ peuples qui sont de même espèce , mais qui ne se trouvent pas dans des positions semblables ; on doit observer d'abord les différences qui existent entre les uns et les autres , et rechercher ensuite si elles correspondent aux différences des lieux sur lesquels ils sont placés.

Le continent américain , par exemple, renferme aujourd'hui des peuples qui appartiennent à des espèces différentes ; mais si l'on veut savoir quelle a été , sur ce continent , l'influence des lieux et du climat , il ne faut pas comparer les peuples cuivrés du Canada aux descendans des Espagnols établis dans l' Amérique méridionale, ou les Anglo-Américains de New- York, aux sau-

3tk> TRAITÉ DE LÉGISLATION.

vages de l'embouchure de l'Orénoque ; il faut examiner quel était l'état des nations indigènes à l'arrivée des Européens.

Au moment où les Espagnols firent la conquête d'une grande partie de ce continent/ il n'y existait que deux peuples qui eussent déjà fait dans la civilisation des progrès considérables ; l'un et l'autre étaient placés entre les tropiques , et la capitale du plus civilisé se trouvait sous l'équateur. Il est vrai que l'élévation du sol y tempérait l'ardeur du soleil; mais il n'est cependant pas possible de ne pas classer au nombre des pays chauds des contrées où la nature ne se repose jamais y et où la température est assez élevée pour qu'ils produisent la banane , le sucre, le coton , le cacao et l'indigo. Si les pays placés entre les tropiques , où croissent des denrées que ne peuvent produire les* parties les plus méridionales de l'Europe , n'étaient pas des pays chauds , il serait fort difficile de déterminer ce qu'on entend par les mots de froid et de chaleur.

Si l'on compare l'état de civilisation auquel étaient parvenus les peuples du centre de l'Amérique à la fin du quinzième siècle , à l'état auquel se trouvent aujourd'hui les peuples européens les plus civilisés 3 on trouvera sans doute que les premiers n'avaient pas lait de grands progrès; mais y si l'on compare les peuples des deux continens aux mêmes époques ; si , de plus , l'on fait attention que les Européens du quinzième siècle avaient recueilli ? par l'intermédiaire des Grecs

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