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IV. — MIGR.VINE

Ce titre s’applique à l’une des manifestations les plus communes de l’herpétisme, puisqu’elle existe dans près de la moitié des faits observés par nous. Désordre intermittent qui a pour siège les nerfs vaso-moteurs, la migraine est caractérisée par une douleur vive, occupani d’ordinaire un des deux côtés de la tête ; aussi a-t-elle été décrite primitivement sous le nom de hémicrânie, d’où par

corruption « migraine ». Celte affection se développe rarement avant quatorze ou quinze ans, mais depuis cet âge jusqu’à vingt-cinq ans elle se montre par accès douloureux qui diminuent ensuite, à mesure que l’on avance dans la vie, et qui disparaissent souvent à l’àge critique, à moins qu’ils ne se manifestent qu’à ce moment, ce qui est exceptionnel.

L’accès de migraine, habituellement précédé de malaise général, de bâillements, etc., débute par un point limité, l’arcade sourcilière ou l’œil ; il consiste tout d’abord en une sensation de tension, puis en une douleur qui se localise à l’œil, au front, à la tempe, à la région pariétale ou même à l’occiput, s’étend ensuite à toute une moitié de la tête, puis à l’autre, et gagne le cou et même le dos. Cette douleur, ondulatoire plutôt que lancinante, détermine un sentiment de pression et de tension tel, que ceux qui la ressentent prétendent toujours que leur tête va éclater; elle est accompagnée de battements douloureux, véritables battements artériels, de vertiges, de troubles gastriques ou même de vomissements, et tout cet ensemble imprime à la physionomie un cachet de vive souffrance. Dans certains cas, les yeux sont sensibles à la lumière, mais il ne sont ni injectés ni larmoyants comme dans la névralgie trifaciale; le moindre bruit, le moindre mouvement exaspère la douleur, aussi les malades demandent-ils à être absolument tranquilles et à se mettre au lit. La chaleur de la peau est normale, sauf à la tête qui est souvent brûlante.

Cette aftection revêt quelquefois la forme désignée sous le nom de migraine opblbalmique. Un de mes ma-

lades, atteint de migraine dès l’ûge de vingt-deux ans, commençait par éprouver dans l’œil droit des scintillements, puis peu après des sensations d’engourdissements de l’un des doigts de la main droite, le plus souvent le doigt médius, et enfin des autres doigts, lesquelles s’arrêtaient un peu au-dessus du poignet. Je dois reconnaître néanmoins que celte forme de migraine s’est rarement présentée chez les nombreux malades soumis à mon observation.

La durée des accès de migraine varie depuis deux et trois heures jusqu’à deux et trois jours, elle est ordinairement de douze à vingt-quatre heures. Dans l’intervalle plus ou moins long des accès, le malade recouvre son état de santé habituel. Le nombre de ces crises est très variable : si certaines femmes ont chaque mois un accès au -moment de l’époque menstruelle, il en est d’autres qui ont deux et trois accès par mois; quelques personnes enfin n’ont guère que cinq ou six accès dans une année.

§ 2. — Désordres du mouvement.

Communs dans le cours de l’herpétisme, ces désordres ou spasmes se rencontrent à tous les âges de la vie, mais principalement dans la jeunesse. Ils sont apyrétiques, intermittents, subits et le plus souvent mobiles et passagers. Ils intéressent les différents organes et se manifestent sous des formes multiples; aussi nous étudierons successivement les spasmes des voies aériennes, des voies circulatoires, des voies digestives et des voies

urinaires.

NOSOGRAPHIE

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