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PALPITATIONS CARDIAQUES ET ARTÉRIELLES

Ces désordres ont pour siège les parties du système circulatoire où prédomine l’élément musculaire, c’est-à-

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dire le cœur et quelques artères; ils consistent en des battements plus ou moins énergiques, connus sous le nom de palpitations.

Palpitations cardiaques. — Ces battements, plus forts qu’à l’état normal et plus ou moins irréguliers, sont incommodes ou pénibles. Le patient a conscience que les mouvements de son cœur sont précipités, il éprouve un sentiment de gêne et de malaise à la région précordiale, sans que l’impulsion paraisse toujours exagérée à la vue ou au palper. Le plus souvent néanmoins les espaces intercostaux et l’épigastre se trouvent soulevés par les mouvements du cœur; la main, appliquée sur la région précordiale, perçoit un soulèvement exagéré qui n’est pas dans un rapport direct avec les sensations éprouvées par le malade, comme s’il y avait une sorte d’hyperesthésie de l’organe. Les bruits cardiaques sont éclatants, au point que le timbre élevé du premier bruit lui a valu le nom de tintement métallique; ils sont assez forts pour être entendus du malade, s’il est debout, et, à plus forte raison, lorsqu’il est couché sur le côté gauche. L’irrégularité est un des caractères les plus marqués des palpitations nerveuses, tant sous le rapport de la fréquence des battements que sous celui de la force et de la durée des contractions. Tantôt, à une série de mouvements réguliers et normaux succèdent, immédiatement après une suspension momentanée, des battements énergiques qui soulèvent la paroi thoracique et donnent lieu à une sensation d’angoisse, et le rythme se rétablit, jusqu’à ce qu’un nouveau trouble survienne ; tantôt, la force, la durée, la fréquence des

TRAITÉ DE L’IIERPÉTISME.

contractions cardiaques varient à chaque instant, il y a une véritable incohérence; tantôt enfin, la pulsation semble s’arrêter à mi-chemin, comme si le cœur était hésitant, et ne s’achève qu’après plusieurs de ces hésitations très rapprochées, sortes de convulsions cloniques, analogues à celles qui s’observent dans les muscles de la vie de relation. Le pouls, dans ces conditions, est nécessairement variable; il est petit, serré et fréquent, ou encore irrégulier, intermittent, bondissant. Il dépassait 120 pulsations chez une de mes malades, ancienne eczémateuse et migraineuse qui, à l’époque de la ménopause, fut atteinte de dyspepsie et de palpitations qui durèrent pendant plus de trois mois, et présentèrent les caractères de ces mêmes désordres dans la maladie de Basedow. Deux antres malades soignées par moi dans de semblables conditions, avaient de plus une tuméfaction manifeste du corps thyroïde.

Les palpitations nerveuses reviennent par accès, ordinairement suivis de l’émission d’urines claires et abondantes; elles sont provoquées par des impressions ou des émotions un peu vives, par toutes les causes qui peuvent surexciter la sensibilité morale ou physique et surtout par les préoccupations de l’esprit, les veilles, les excès vénériens, l’abus du café et du tabac. Les désordres fonctionnels de certains organes, ceux de l’estomac, de l’utérus, et peut-être aussi ceux du foie, occasionnent de fréquentes palpitations ; aussi ces accidents sont-ils communs chez les dyspeptiques et chez les femmes dont la menstruation se fait mal.

Palpitations artérielles. — On donne ce nom à des

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batLements d’une énergie insolite, qui, malgré l’iniégrilé du cœur et des parois vasculaires, sont ressentis dans l’aorte abdominale et les principales artères du tronc et des membres.

De même queles palpitations du cœur, celles des artères se manifestent presque exclusivement chez des sujets jeunes, d’un tempérament nerveux, et surtout chez les sujets dyspeptiques ethypochondriaques, comme senties herpétiques. Elles sont produites par l’existence, sur le trajet de l’aorte abdominale ou même sur celui d’autres artères, de soulèvements énergiques, appréciables à la vue et au toucher. Ces battements surviennent tout à coup, donnent lieu à des crises plus ou moins longues, qui reparaissent ou augmentent d’intensité à propos de la cause la plus insignifiante. Le malade entend la nuit celles de ces palpitations qui ont leur siège dans les vaisseaux carotidiens, principalement lorsqu’il est couché sur le côté, ce qui, son imagination aidant, lui fait croire à une affection des plus graves.

Les battements artériels ne s’accompagnent d’aucun bruit anormal, ils occasionnent tout au plus un léger souffle; ils sont passagers, intermittents, étendus à une grande partie des vaisseaux, et ainsi facilement distincts des battements liés à un désordre anatomique, tel qu’un anévrysme. Indépendants de l’état du cœur, ils sont l’effet de l’exagération de la diastole artérielle, par suite de l’excitabilité réflexe de la moelle épinière; c’est en effet ce qui a lieu dans le goitre exophthalmique, et l’on doit supposer que les choses ne se passent pas autrement dans les palpitations nerveuses des herpétiques.

TRAITÉ DE LMIERPÉTISME.

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