I. — LÉSIONS DES ONGLES
Ces lésions sont communes chez les herpétiques parvenus à l’àge de quarante à cinquante ans. Beaucoup plus fréquentes aux pieds qu’aux mains, elles se montrent sous des formes un peu différentes qui ne sont que les degrés d’un même processus pathologique.
Dans une première forme, les ongles s’allongent ra-
NOSOGRAPHIE
q pidement, s’épaississent, s’incurvent à leurs extrémités libres, tantôt directement en bas ou en avant, tantôt obliquement ou sur les côtés; d’abord brillants et lisses, ils I sont plus tard semés de stries transversales supportées ^ par des extrémités digitales légèrement renflées. Or ces n phénomènes étant semblables aux modifications que sui] bissent les ongles des doigts à la suite d’une plaie avec ^ section plus ou moins complète des nerfs de l’avant-bras, il y a lieu de croire qu’ils ont, comme ces dernières, leur source dans un désordre de l’innervation vaso-motrice. Une seconde forme, dont le début est quelquefois aigu, f se manifeste par une rougeur des extrémités digitales accompagnée de sensations de chaleur, de battements, ou , encore d’engourdissement et d’élancements douloureux. L’ongle blanchit k son extrémité par suite d’un dépôt épidermique, tandis que vers sa partie moyenne il se produit une sorte d’atrophie caractérisée par de petites dépressions circulaires qui lui donnent la forme d’un crible ou d’une écumoire; la matrice reste intacte. Cette disposition, que j’ai observéeaux mains d’un jeune professeur de trente-deux ans qui en était atteint depuis six ans, se voit rarement aux ongles des pieds. Dans cette dernière région, l’altération unguéale présente habituellement les caractères de celle que les auteurs désignent j sous le nom de psoriasis des ongles.
Cette dernière affection, dont le début est insidieux, a pour caractères des cannelures transversales plus ou moins piofondes, et surtout un épaississement écailleux des extiemités antérieures des ongles. Ceux-ci saillants, déformés, relevés en avant et en haut, ne recouvrent qu’une partie du doigt et présentent à leur extrémité libre une
TRAITÉ DE L’IIEIIPÉTISME.
disjonction des lamelles épidermiques, qui tombent sous forme d’écailles fines et minces (lig. 1). D’autres fois les ongles, inégaux et irréguliers, se terminent à quelques millimcties de la matrice par une sorte de bourrelet qui fait coips avec les parties sous-jacentes. Lorsque cette altération s’étend jusqu’à la matrice, l’ongle tombe et se trouve remplacé par des écailles épidermiques informes qui se détachent à leur toui’, en sorte que la guérison, quoique possible, se fait toujours longtemps attendre. C’est qu’en effet il ne s’agit pas ici d’un mal local,
Fig. 1. — L’extrémité du pied droit d’un malade atteint tout à la fois de lichen des jambes, de calvitie, d’arthrites déformantes, d’hémorrhoïdes, etc. Les ongles sont écailleux, épaissis, relevés en haut. O, oignon.
mais d’un désordre plus éloigné, d’un trouble de l’innervation vaso-motrice et trophique, comme semble le démontrer l’expérimentation physiologique (Voyez ma thèse : De la maladie expérimentale, etc., p, '118, Paris 1872).
La marche lente et progi'essive de cette affection, les poussées aiguës du début, les sensations diverses qui la précèdent et qui l’accompagnent, sont autant de circonstances en faveur de cette manière de voir, qui est encore onforme à l’observation anatomique , puisque nous
NOSOGRAPIIIli.
0 avons pu, dans ces circonstances, conslaLer l’alléralion f des nerfs.
\ A côté de la modification des ongles, il y aurait lieu de J placer certaines formes d’ichtliyose qui sont également
1 sous la dépendance du système nerveux. Ainsi, à I. plusieurs reprises, nous avons rencontré dans ces conj ditions des ichthyoses partielles et symétriques des I membres; nous avons également observé du vitiligo t aux deux mains, et encore un mal perforant du pied.