HERPÉTIDES DES VOIES RESPIRATOIRES
La membrane muqueuse des voies respiratoires, qui ■' s’étend depuis l’ouverture extérieure des fosses nasales < jusqu’aux extrémités bronchiques, se continue, par le ü canal nasal et le conduit lacrymal, avec la conjonctive, , et, par la trompe d’Eustache, avec la muqueuse de c l’oreille moyenne, d’où la fréquente association de la li blépharite et de l’otite avec l’altération des voies respi- I: ratoires proprement dites.
'j Cette altération, rarement généralisée, est presque i toujours limitée à une région : la membrane muqueuse E du nez et des paupières, celle du voile du palais, du î fond du pharynx et de la trompe d’Eustache, et enfin les membranes laryngée, trachéale et bronchique. Or, si les caractères anatomiques ne varient pour ainsi dire ; pas sur ces différents points, par contre, les phénomènes ! cliniques sont assez différents pour exiger la description d’un coryza ou rhinite, d’une pharyngite, d’une laryngite et d’une trachéo-bronchite herpétiques.
Rhinite. — Manifestation commune de l’herpétisme, la rhinite est caractérisée par de la rougeur de la pituitaire, et par un trouble de sécrétion de cette membrane, qui est le siège de sensations de chatouillements, de picotements, de cuisson et de sécheresse ayant pour conséquence habituelle l’éternuement.
Le désordre sécrétoire constitue le principal symptôme. Le mucus , rare et généralement très épais se concrète facilement au contactde l’air, il devient sec
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oL dur, et se trouve rejeté par les malades sous la forme de petits godets ou de moules représentant les dépressions de la cavité naso-pharyngienne, telles que les fossettes de Rosenmüller, l’embouchure des trompes d’Eustache, etc.
La présence de ces croûtes, qui mettent plusieurs jours à se former, donne lieu à la sensation d’un corps étranger, à l’enchifrènement, à l’obstruction des fosses nasales, enfin à une gêne particulière dont les malades cherchent à se débarrasser. Dans ce but, ils font de profondes inspirations nasales suivies d’expiration avec effort, qui ne sont pas toujours couronnées de succès ; d’autres fois, les croûtes se détachent en partie et deviennent flottantes. Elles sont enfin le plus souvent rejetées par la bouche à la suite d’une toux pénible et saccadée, et ces divers phénomènes se reproduisent avec une variable intensité à chaque formation d’une nouvelle croûte, suivant la difficulté de l’expulsion. La membrane muqueuse des fosses nasales est injectée, épaissie, rouge, sèche et luisante, principalement dans la région postérieure, oû sa sensibilité est exagérée.
Cette affection a une marche lente et une durée toujours longue, mais quelquefois des poussées viennent la transformer en un état aigu qui disparaît au bout d’un certain temps, alors que l’état chronique reprend la place. Notons qu’elle coexiste fréquemment avec l’angine granuleuse et des éruptions eczémateuses ou psoriasiques de la peau, ou encore avec d’autres manifestations se rapportant à l’herpétisme.
BiBLiocnAPiiiE. — Beverley Robinson, Contribution à l’étude du catarrhe rétro-nasal, trad. fr. par E. Tillot {Annales des
NOSOGRAPHIK.
maladies de l'oreille et du larynx, 18/6, t. I, p. 100). Vérité, Concrétions muqueuses de la partie p)ostérieure des fosses na- Srties.’Note lue à la Société de chirurgie ('27 avril 1881).
Blépharite. — La blépharite herpétique, tantôt associée au coryza, tantôt indépendante de cette affection, se traduit par de la rougeur, des troubles sécrétoires et sensitifs. La rougeur, ordinairement sombre, se montre dans le voisinage du bord libre des paupières, surtout aux paupières inférieures ; la surface interne de ces voiles estlisse, parsemée de vaisseaux, ou bien inégale à cause delà présence de granulations miliaires grisâtres foncées et jaunâtres, résultant de l’hypertrophie des follicules j lymphoïdes et de la saillie des glandes de Meibomius.
! L’altération de ces glandes exagère leur sécrétion, et le 1 »
j produit qui en résulte tend à gagner l’angle interne de l’œil où il forme des masses molles et blanchâtres; mais, en même temps, il se concrète au niveau du bord libre \ des paupières, et donne naissance à de petites écailles
S qui s’attachent aux cils, d’où il n’est pas toujours facile
t de les détacher. Des sensations diverses de picotements, i de brûlure et de cuisson accompagnent généralement
i cette lésion et obligent les malades à se gratter et à
ii se frotter les paupières.
La blépharite herpétique est une affection chronique, 3 lente et tenace. Elle dure pendant des années avec ou sans poussées aiguës, finit quelquefois par amener le renvers sement du bord libre de la paupière, et par suite un tri- C chiasis; elle s’étend rarement à la conjonctive oculaire.
Palato-piiaryngite. — Cette affection, généralement l désignée sous le nom d'angine granuleuse, d'angine
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TRAITÉ DE L’IIERPÉTISME.
(jlanduleuse, etc., est caractérisée par la rougeur avec état lisse ou granuleux de la membrane muqueuse, pharyngée, en même temps que par un désordre sécrétoire et un trouble de la sensibilité subjective de celte même membrane.
Le voile du palais et le pharynx sont d’ordinaire simultanément affectés. Le voile palatin offre, sur toute sa face antérieure ou simplement au niveau de ses piliers, une rougeur sombre, parsemée de varicosités capillaires et de granulations miliaires légèrement saillantes, grisâtres et translucides. La membrane muqueuse du pharynx est le siège d’une rougeur uniforme ou disséminée parcourue par des vaisseaux dilatés et variqueux par places. Sa paroi est épaissie, comme œdématiée, tandis que les amygdales sont intactes ou seulement tuméfiées au niveau de leur partie muqueuse. Le fond de la gorge est sec, lisse, brillant, et, comme le voile du palais, il offre une surface tantôt luisante, à peine granuleuse, tantôt inégale, parsemée de saillies sphériques fermes, isolées, abondantes rougeâtres ou grisâtres. Ces saillies s’étendent jusqu’au larynx et dans l’arrière-cavité des fosses nasales, ce dont il est facile de se rendre compte à l’aide d’un miroir. Leur étude histologique démontre qu’elles sont constituées par l’hyperplasie des follicules lymphoïdes qui, à l’état normal, occupent le tissu sousmuqueux du voile du palais. et du pharynx, au voisinage des conduits excréteurs des glandes muqueuses, et aussi par l’hypertrophie de ces glandes, en sorte que les dénominations d’angine folliculaire et d’angine glanduleuse sont ici également exactes. En même temps que ces lésions, on constate parfois la présence de végéta-
nosographie.
lions villeusôs, dont quelques-unes, maintenues par un pédicule, acquièrent presque le volume du petit doigt. (Voyez mon Atlas d'anal. j)o,th., pl. 27, fig. 9.)
La sécrétion muqueuse, toujours modifiée en pareil cas , est abondante , visqueuse , épaisse , et ordinairement imprégnée de poussières qui lui donnent une teinte noirâtre ou grisâtre; elle se dessèche facilement et se concrète en traînées ou en masses opaques transparentes, qui sont rejetées sous la forme de crachats ronds semblables à des boules de gomme, ou s’étalent à la surface du pharynx comme une couche de vernis, formant dans quelques cas par leur dessèchement des croûtes solides dont le malade ne se débarrasse qu’à la suite d’efforts énergiques.
La sensibilité des parties affectées est plus ou moins altérée; les malades se plaignent d’éprouver au réveil une sécheresse pénible et désagréable dans la gorge et dans les fosses nasales; ils ne peuvent avaler qu’avec difficulté, mais avant tout ils cherchent à se débarrasser de la gêne qu’ils éprouvent, toussent et expectorent de petits pelotons d’un mucus concret, semi-transparent, sinon des crachats devenus noirâtres par la présence de poussières. Ils éprouvent en outre, dans le jour, des sensations de cuissonqui les gênent fortement, et ils ressentent enfin, de temps à autre, tantôt le matin au réveil, tantôt vers le soir, dans le pharynx et dans le larynx, des picotements el du chatouillement qu’ils cherchent à calmer par une expiration brusque et bruyante (c’est le hem caractéristique), sinon par une toux sèche et gutturale. En même temps l’esprit est chagrin, inquiet, etpour peu qu’il existe des sensations de constriction et du spasme plia-
TUAITÉ DE L’IIEHPÉTISME.
ryngien, le malade se croit atteint d’une affection grave, d’un cancer par exemple. Constamment occupé de sa gorge, il consulte plusieurs médecins, et si l’un d’eux lui annonce que sa luette est un peu longue , ce qui arrive quelquefois, il ne manque pas d’aller voir un spécialiste qui se fait rarement scrupule de la lui réséquer.
La palato-pharyngite herpétique est une affection rebelle, de longue durée, essentiellement chronique, qui présente des poussées aiguës à l’occasion de la moindre cause, un changement de saison, un refroidissement, etc. La membrane muqueuse du pharynx devient alors le siège d’une rougeur plus intense, et se tuméfie; les amygdales se gonflent, la douleur est plus accentuée mais pas plus désagréable. Cet état dure de huit à quinze jours et disparaît sans apporter de modifications sensibles dans celui qui le précédait et qui généralement le suivra.
Par ses rapports de continuité avec la gorge, la membrane muqueuse du larynx est fréquemment altérée dans ces conditions., et de là une gêne de cet organe avec sensation de sécheresse et de picotements, de la raucité de la voix ou même de faphonie. D’un autre côté, la muqueuse pharyngée étant en communication avec l’arrière-cavité des fosses nasales et la trompe d’Eustache, on conçoit que ces parties puissent être simultanément atteintes, et partant, il n’y a pas lieu d’être surpris de la fréquence de la surdité chez les herpétiques. La membrane muqueuse de la trompe d’Eustache est, chez eux, lisse, violacée, surmontée de granulations qui rétrécissent ce canal, et affectée de désordres sécrétoires. Le mucus visqueux qu’elle sécrète, se trouvant retenu, met obstacle à l’accès de l’air dans
NOSOGRAPHIE
l’oreille moyenne, ce qui entraîne une surdité presque toujours légère , mais quelquefois aussi tout à fait sérieuse et gênante.
Un moyen propre à balayer les mucosités qui en pareil cas obstruent les trompes d’Eustache, est de faire une forte expiration, la bouche étant fermée et le nez pincé : les produits de sécrétion sont alors déplacés par l’air et peuvent être expectorés.
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Laryngite. — Cette affection accompagne, soit la pharyngite granuleuse, soit la trachéite dont nous aurons à parler plus loin; elle a pour siège de prédilection la portion de la membrane muqueuse laryngée, très riche en follicules et en glandules, qui tapisse les cartilages ary-
Ihénoïdes cl la base de répigloLle/mais elle peut s’étendre à toute cette membrane, et particulièrement aux cordes vocales inférieures, etc. La portion altérée est épaissie, rouge, ordinairement parsemée de varicosités veineuses et surmontée de follicules et deglandules hypertrophiés. Les conduits de ces glandules ne sont pas seulement dilatés par une sécrétion surabondante, ils sont encore le siège d’une prolifération épithéliale qui peut être comparée à celle qu e l’on observe dans le cuir chevelu, au niveau des canaux excréteurs des glandes sébacées. Les cellules épithéliales des culs-de-sac sont plus volumineuses et plus allongées qu’àl’étatnormal; et si, comme cela arrive parfois, les orifices glandulaires viennent à s’oblitérer, il en résulte une accumulation du produit de sécrétion, des saillies plus ou moins volumineuses, et au pourtour de ces saillies, des granulations formées de tissu adénoïde et semblables à celles du pharynx.
Les malades éprouvent une gêne dans la région du larynx et se plaignent de sensations insolites, de besoins fréquents de tousser et de cracher qui sont l’occasion de craintes chimériques, celle d’une affection de poitrine, par exemple. En même temps la voix, rarement abolie, est éraillée, rauque, désagréable à l’oreille; plus altérée au réveil, elle s’améliore par la conversation, ce qui tient sans doute à une accumulation de mucosités pendant la durée du sommeil, et à leur disparition par le fonctionnement de l’organe; elle devient enrouée, lorsque le malade parle beaucoup et fatigue son larynx, en sorte que c’est le matin et le soir qu’elle est le plus sérieusement modifiée. La sécrétion, peu abondante et visqueuse, est constituée par des mucosités mélangées
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salive, et rejetées par simple expuition, sans toux ou f avec l’aide d’une toux brève, parfois rauque et bruyante, ;; sans beaucoup d’efforts.
La laryngite herpétique a une évolution lente et une c marche essentiellement chronique , mais de temps à 6 autre elle est traversée, sous des influences diverses, à 1 l’occasion d’un refroidissement surtout, par des poussées I aiguës qui donnent lieu à une toux plus fréquente, à de I l’aphonie et même à un léger mouvement fébrile; puis ces Ü nouveaux accidents disparaissent et les choses reviennent à leur ancien état. Celte affection, sans gravité au point de vue de la santé générale et de l’existence, n’a pas moins des inconvénients sérieux lorsqu’elle vient à frapper des individus comme les instituteurs , les prêtres, î les professeurs et les chanteurs, pour qui la voix est un instrument essentiel, attendu qu’elle peut les obliger à changer entièrement leurs occupations.
i Traciiéo-bronciiite. — La trachée et les bronches, de même que le pharynx et le larynx, sont exposées aux localisations de l’herpétisme, et celles-ci se traduisent par des désordres spéciaux qu’il est généralement facile de diagnostiquer.
Les deux extrémités de la trachée et les grosses bronches sont les sièges de prédilection de l’altération qui cause ces désordres. La membrane muqueuse de ces parties, et parfois aussi celle des bronches de petit volume, offrent une rougeur sombre violacée, sont parcourues par des veines dilatées et surmontées de saillies miliaires grisâtres ou blanchâtres, à peine différentes de celles qui se rencontrent dans le pharynx
et dans le larynx. Ces membranes, légèrement épaissies, sont inégales, tomenteuses, granuleuses, souvent parsemées de points blanclultres qui leur donnent une physionomie particulière. Leurs glandes hypertrophiées donnent lieu à une sécrétion muqueuse, épaisse et visqueuse, d’un blanc grisâtre, difficile à rejeter au dehors, et qui, pour ce motif, est toujours accompagnée d’un liquide aqueux, transparent, aéré, semblable à une solution de gomme, non coagulable par l’acide nitrique, et provenant de l’excitation due à la quinte de toux.
Les désordres fonctionnels qui se rattachent à la trachéite ont un début insidieux. Ils consistent en une toux le plus souvent quinteuse , provoquée par une émotion, un changement de milieu quelconque, le passage du froid au chaud ou du chaud au froid. Cette toux, lorsque la trachée en est le point de départ, est sèche, pénible, bruyante, et assez semblables à celle de la coqueluche; elle se manifeste par des quintes quiontune durée très longue, de plusieurs minutes, sont parfois interrompues par des arrêts de la respiration, et provoquent des vertiges, avec affaissement momentané sans perte de connaissance, turgescence et état violacé de la face. Ces vertiges, qui nous paraissent, comme au professeur Charcot h tenir surtout à l’irritation du nerf laryngé supérieur, méritent d’être rapprochés du vertigo ab aure lœsa. Ils existaient chez un officier de cavalerie de notre clientèle, qui craignait de tomber de cheval au moment où ils se produisaient.
Si les grosses bronches sont le siège plus spécial de
1. J. M. Charcot ; dans Comptes rendus de la Société de biologie et Cas. méd. de Paris, 1876, n“ AD.
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1 l’altéralion, la toux, loujours rauque et difficile, est I) moins fortement quinteuse et ne donne pas lieu, comme B dans le cas précédent, à des vertiges et 5 des phénomènes I asphyxiques. Elle est suivie de l’expectoration d’un liquide abondant et transparent, semblable à une solution dégommé, ou encore à des blancs d’œufs battus, et au sein duquel existent un ou plusieurs petits grumeaux opaques, blanc grisâtres. Dans une période avancée ce liquide devient quelquefois opaque.
Quel que soit son point de départ , la toux est presque toujours précédée de sensations désagréables, de picotements, de cuisson ou de chatouillement, que les malades localisent soit un peu au-dessus du sternum, soit beaucoup plus bas. Ces désordres ne sont pas sans préoccuper les personnes qui en sont atteintes’, et quelquefois même le médecin qui, faute de connaissances suffisantes, se croit en présence de lésions tuberculeuses ou syphilitiques graves. Je me souviens d’un malade dans ces conditions qui toussait depuis cinq ans sans avoir pu obtenir d’amélioration nia Cauterets ni au Mont-Dore, et qui me fut adressé comme ayant une affection spécifique des voies respiratoires.
Les malades, en l’absence de la toux, se trouvent complètement bien; leurs forces sont conservées, ils mangent etdigèrent convenablement, éprouvent tout au plus une faible dyspnée, et n’ont pas de fièvre. La percussion ne donne lieu à aucun signe appréciable, si ce n’est, dans quelques cas, à une légère augmentation de la sonorité; î 1 auscultation révélé tout au plus l’existence de quelques 1 râles ronflants ou sibilants. Toutefois, si, après une ! duiée plus ou moins longue, la membrane muqueuse
TRAITÉ DE L’IIERPÉTISME.
vient à suppurer, alors les crachais se modifient, deviennent opaques et nummulaires, puis aux râles sonores déjà existants s’ajoutent des râles humides ou muqueux, à bulles plus ou moins volumineuses suivant les dimensions des bronches altérées , et tous les caractères de l’affection généralement décrite sous le nom de catarrhe chronique.
La trachéo-bronchite herpétique est une affection rebelle qui tourmente les malades pendant de nombreuses années , et quelquefois même pendant une grande partie de leur vie. Elle est sujette à des poussées aiguës et à des rémissions d’une durée variable, après quoi elle reprend son cours chronique. Les accès de trachéo-bronchite aiguë surviennent de préférence aux changements de saison, et surtout au printemps et à l’approche de l’hiver.
Les phénomènes présentés par les poussées aiguës varient suivant que l’inflammation reste limitée aux grosses bronches ou s’étend jusqu’aux plus petites. Dans le premier cas, on constate à l’auscultation des râles sonores et muqueux principalement aux bases; dans le second, des râles secs et fins, disséminés dans toute l’étendue du thorax et accompagnés d’une expectoration visqueuse et filante, quelquefois très peu abondante (bronchite capillaire). Ces râles, joints à la fièvre, au dépérissement et aux sueurs , parviennent quelquefois à donner le change au médecin qui, croyant avoir affaire à une tuberculose, porte un pronostic grave et effraye le malade et sa famille, déjà très enclins à perdre courage. C’est ce que j’ai pu constater chez un jeune garçon de douze ans, né d’un père herpétique, et qui fut pris à
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son retour de vacances, d’une toux rauque quinteuse fatigante, suivie d’une expectoration visqueuse semblable à du blanc d’œuf, en même temps que d’une fièvre intense (96 à iOO pulsations) et d’un dépérissement notable.
Cette forme de bronchite aiguë, qui n’est pas extrêmement rare, produit un affaiblissement général considérable. D’une durée qui varie de trois à six semaines et plus, elle se termine ordinairement par la guéri- 1 son; mais quelquefois aussi elle peut mettre le malade ) en danger de mort. L’application de larges vésicatoires dans le dos est la médication la mieux appropriée pour combattre les accidents qui , dans l’herpétisme, i a^ffectent les bronches; le sulfate de quinine a des avantages réels contre les poussées aiguës.
Emphysème. — L’emphysème vésiculaire du poumon,
I c’est-à-dire la dilatation de la terminaison des canalicules I pulmonaires, est une affection commune chez les her- I pétiques, du moins à un âge avancé de la vie. Cette affec- I tion reconnaît tantôt une origine mécanique, et n’est que : la conséquence des quintes de toux amenées par une trachéo-bronchite de longue durée, tantôt une origine vraisemblablement trophique, et doit être rapprochée de : la calvitie, de l’altération des ongles et des arthrites qu’elle accompagne fréquemment. Elle se manifeste par de l’essoufflement, de la dyspnée pendant la marche,
I un état violacé deslèvres, et, lorsqu’elle coexiste avec une ! bronchite, par une toux plus ou moins fatigante suivie d’expectoration muqueuse. La sonorité du thorax est exagérée à la percussion, etle murmure vésiculaire affaibli i se prolonge principalement à l’expiration. Ces désordres
toutefois sont peu gênants, à moins qu’il ne survienne une bronchite aiguë; dans ce cas l’hématose devient difficile, et il se produit des phénomènes asphyxiques souvent très sérieux.