‹ Traité de l’herpétismeChapitre 27 sur 46 · I. — LÉSIONS DES MUSCLES. — CRAMPE DES ÉCRIVAINS · texte numérisé non relu

I. — LÉSIONS DES MUSCLES. — CRAMPE DES ÉCRIVAINS

Les muscles n’échappent pas absolument aux atteintes de l’herpétisme ; ils sont quelquefois altérés, dans la phase avancée de cette maladie, lorsque le système artériel est lésé. On les trouve alors décolorés, mous, friables, inliltrés de graisse et atrophiés; mais cette altération, qui accompagne les lésions athéromateuses des artères, est une conséquence indirecte de l’herpétisme. D’un autre côté, les muscles situés dans le voisinage des articulations affectées sont assez habituellement atrophiés, et cette fois encore leur altération n’est qu’un effet éloigné de la maladie générale, car elle est intimement liée sinon au désordre matériel de l’articulation, du moins au trouble nerveux qui le produit. En conséquence, l’herpétisme n’influence pas directement le système musculaire. Cependant les douleurs des muscles sont com-

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TRAITÉ DE L’UERPÉTISME.

munes dans celte maladie; le lumbago surtout est fréquemment observé. Mais , lorsqu’on cherche à se rendre compte de la nature de ces souffrances, on ne tarde pas à reconnaître qu’elles sont surtout névralgiques, malgré la contracture qui les accompagne dans quelques cas. Une jeune femme nerveuse, dont le père et la mère sont manifestement entachés d’herpétisme, fut prise, il y a un an, d’un léger mouvement de fièvre, de gonllemenl de la face, et en même temps de douleurs excessives dans les muscles du cou (torticolis) , à tel point qu’il lui était impossible de mouvoir la tête et que la plus légère pression lui était insupportable. Toutefois , en examinant attentivement cette malade, on finissait par trouver des points douloureux à l’émergence des nerfs cervicaux; depuis lors, elle a eu plusieurs névralgies delà face, toujours accompagnées, comme la première fois, d’un œdème prononcé.

Un accident qui paraît tenir non moins intimement au désordre du système nerveux, s’observe vers l’âge de trente à quarante ans; il consiste en un tremblement musculaire généralement décrit sous le nom de crampe des écrivains. Trois malades de la ville m’ont présenté ce genre d’accident. L’un d’eux, avocat distingué du barreau de Paris, était en même temps hémorrhoïdaire et chauve, bien qu’il eût au plus trente ans; des deux autres, l’un, négociant, était atteint d’un psoriasis ancien, de dyspepsie, etc. ; l’autre, ingénieur et desplus tempérants, était chauve, hémorrhoïdaire et eczémateux. Le premier de ces malades, malgré un traitement énergique, bromure

de potassium et hydrothérapie, conserva pendant plusieurs

années son tremblement qui le mettait dans l’impossibi-

NOSOGRAPHIE

lilé presque absolue de prendre les notes dont il avait besoin pour ses plaidoiries ; le second fut guéri après dix-huit mois de traitement, et le dernier, dont l’affection remonte à quelques mois, va beaucoup mieux, bien qu’il soit toujours obligé de se soigner. Le tremblement offrait la plus parfaite ressemblance chez tous ces malades. Son début était insidieux : l’écriture d’abord ne paraissait pas tremblée, mais, au bout d’un certain temps, il se produisait dans les doigts, le poignet et l’avant-bras, au niveau des muscles fléchisseurs surtout, une sensation d’endolorissement, d’engourdissement et de fatigue qui rendait le mouvement difficile ou même impossible, et mettait le malade dans la nécessité de s’arrêter. Effectivement la main était peu à peu atteinte de faibles oscillations qui s’opposaient à la formation des lettres et augmentaientavecl’insistanceque mettaient les malades à vouloir continuer leur travail. L’idée même de vouloir écrire semblait favoriser le tremblement, qui redoublait lorsque le patient croyait être observé; la main et l’avant-bras s’agitaient alors de mouvements spasmodiques qui l’obligeaient parfois à une suspension complète du travail.

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