I.ANCEREAUX
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quelles ils essayent de fonder celle doclrine,pas plus que leurs observations, ne supportent l’examen d’une critique sérieuse, Eüectivcment, si, dans quelques cas, les manifestations de riierpétisme sont accompagnées d’un excès d’acide urique dans les urines ou môme dans le sang, il faut reconnaître que souvent aussi ces liquides ne sont nullement modifiés par la présence de cet acide. D’ailleurs, si on remarque que la composition des urines est dépendante de l’action du système nerveux, il y a lieu de croire que l’on a pu subordonner la cause à l’effet, c’est du moins notre avis. Nous pensons que ruricémie est, dans l’espèce, la conséquence d’un désordre nutritif lié au mauvais fonctionnement de l’appareil nerveux, et conséquemment l’herpétisme nous apparaît comme étant une maladie essentiellement et primitivement nerveuse.
L’unité de cette maladie est prouvée, tant par 1a similitude des affections qui la composent, chez les différents individus qui en sont atteints, que par la succession régulière de ces affections, leur communauté d’origine, et leur transmission héréditaire. Sa place est parmi les m.aladies chroniques, non celles qui dépendent d’un principe virulent ou toxique, comme la syphilis et l’alcoolisme, mais celles qui se rattachent à un trouble primitif de l’innervation dont la cause échappe encore, et partant elle mérite d’être rangée à côté du rhumatisme et surtout de la goutte et du diabète.
L’herpétisme, par sa généralisation et la mobilité de ses manifestations, est une des maladies qui ont le plus contribué à l’édification de la doctrine des métastases et des transformations morbides. Celte doctrine, suivant la-
ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE.
quelle la disparilion des symptômes d’une affection locale entraînerait à sa suite l’apparition d’une affection nouvelle dans un autre point de l’économie, a eu une grande vogue parmi les médecins des derniers siècles, et conserve de nos jours des partisans convaincus. Ceux-ci admettent que la manifestation de certaines affections, l’asthme, je suppose, n’est souvent que la conséquence de la cessation d’un désordre organique quelconque de la peau, des articulations, etc., et d’un autre côté ils n’hésitent pas à faire dépendre la phtfiisie qui succède aux dartres de la disparition de ces éruptions cutanées. Cette manière de voir ne repose toutefois sur aucune preuve, et doit être regardée comme une pure hypothèse en rapport avec des théories humorales qui' n’ont plus cours aujourd’hui. Mais si l’herpétisme est, comme nous le pensons, une névrose, et si ses manifestations ne sont que des effets du trouble de l’une des grandes fonctions nerveuses, il est facile de se rendre compte de leur variabilité et de leur mobilité sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir un principe plus ou moins malfaisant. 11 suffit en effet que différents points de l’appareil de l’innervation puissent être atteints simultanément ou successivement pour se rendre compte de la multiplicité des phénomènes observés. Quant à la substitution de ces phénomènes, avouons qu’elle est rare, et si elle existe parfois, elle s’explique par ce fait général qu’une affection plus forte parvient toujours à diminuer ou à annihiler une affection plus faible. Duobus dolorihus abortis, lum déficit aller.