‹ Traité de l’herpétismeChapitre 42 sur 46 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L’herpétisme exige, ainsi que toutes les maladies, l’emploi de deux ordres de moyens ayant pour but, les uns de prévenir ses localisations dynamiques ou matérielles, les autres de les combattre. L’étude de ces moyens constitue la prophylaxie et la thérapeutique.

g 1. — Prophylaxie.

Si dans les maladies constitutionnelles et héréditaires, comme l’herpétisme, la prophylaxie ne rend pas les mêmes services que dans les maladies développées à la suite d’une infraction aux lois de l’hygiène, il faut néanmoins reconnaître qu’elle a une grande importance, et qu’elle permet d’éviter un grand nombre de manifestations morbides. Ainsi, en se préservant de l’action du froid, il est généralement possible d’échapper aux affections spasmodiques du col de la vessie et de l’intestin, si souvent provoquées par cette cause; de même, l’éloignement des impressions vives permet d’éviter certaines éruptions cutanées, l’abstention du café noir et du tabac peut préserver des palpitations cardiaques, etc.

302 TRArriî DE L’IIEIIDÉTISME.

Celle prophylaxie s’adi-esse uniquement aux déterminations locales de l’herpétisme ; mais il est vraisemblable qu’on pourrait, à l’aide de moyens convenablement employés, s’opposer à la genèse de cette maladie. Malheureusement, notre ignorance des conditions étiologiques autres que l’hérédité nous met dans l’impossibilité d’indiquer sûrement ce qu’il y aurait à faire en pareil cas. Je crois néanmoins qu’il y a lieu de soumettre les enfants dès leur jeune âge à une hygiène sévère, de chercher à modérer leur système nerveux, en leur faisant faire des ablutions, delà gymnastique, de l’hydrothérapie, et quelquefois aussi en les soumettant à un traitement bromuré.

L’hygiéniste, en pareil cas, doit tendre à produire une sorte d’entraînement du genre de celui qu’emploient, en agronomie, les éleveurs qui veulent arriver à créer des races nouvelles. L’enfant, dès son plus bas âge, aura une aération suffisante, sera soumis à un régime alimentaire approprié, lavé avec de l’eau froide alcoolisée. Plus tard il se livrera à une gymnastique en rapport avec ses forces ; puis il fera usage de douches plus ou moins tempérées, suivant le degré de son excitabilité réflexe. L’herpétique, il importe de ne pas l’oublier, est un névropathe qu’il convient de calmer et qu’il faut éviter d’exciler par des douches trop froides. En dehors de la contre-indication qui résulterait de cette excitation, l’emploi prolongé de l’hydrothérapie, associée à la gymnastique et à une aération suffisante, sont les conditions les plus favorables pour ramener au type normal les individus qui, comme les herpétiques, s’en sont quelque peu écartés.

Celte manière de comprendre la prophylaxie des étais constitutionnels, et surtout notre intention de vouloir combattre un mal qui ne s’est pas encore révélé, surprendront sans doute quelques esprits habitués à s’incliner uniquement devant les faits accomplis; mais nous pensons qu’en y réfléchissant, ils se rendront à notre manière de voir.

g 2. — Thérapeutique.

Guérir étant le but suprême auquel doit tendre le médecin, la thérapeutique d’une maladie est, en somme, la partie importante de son histoire, celle qui résume toutes les autres. Aussi, pour être utile, doit-elle s’appuyer non pas seulement sur le diagnostic, mais encore sur la connaissance de l’évolution morbide, sur l’âge et les habitudes du malade, et cela surtout quand il s’agit de phénomènes pathologiques nombreux, comme ceux qui constituent l’herpélisme. Cette maladie, qui généralement commence et finit avec la vie, ne peut être traitée

de la même façon chez le jeune homme et chez le vieil-

lard, dans la phase de ses manifestations purement dynamiques et dans celle de ses désordres matériels, chez les personnes sobres et chez celles qui sont intempérantes. A des états si dissemblables correspondent nécessairement des indications thérapeutiques diverses; mais d’ail-

leurs, ici comme dans toutes les maladies à longue échéance, deux points particuliers sont à considérer ; la prédisposition et la manifestation morbides, l’état général et l’état local. En d’autres termes, le traitement doit répondre à une double indication, avoir un

TRAITÉ DE L’ÜERPÉTISME.

double but : attaquer le désordre local, modifier la condition générale de l’organisme qui le produit et l’entretient.

Page 1