‹ Traite de lithographieChapitre 24 sur 63 · PRESSE DE M. QIJIKET A PARIS · texte numérisé non relu

PRESSE DE M. QIJIKET A PARIS

Construction.

A (Pi. xxi), bâtis en bois, que M. Quinet place sur six blocs en bois B, B, B, B, lorsque sa presse est destinée à des ateliers situés au rez-de-chaussée, dont l'humidité fait pourrir promptement les parties inférieures. L'espace compris entre les tnontans de ce bâtis est fermé par les portes C, C, et sert ainsi d'armoire. D, chariot. E, châssis. Le fond du chariot F (Fig. 2), est moins épais a l'extrémité G, et fait un ressaut en IL Ce n'est que depuis ce point qu'il a une épaisseur égale. Cette disposition a pour but d'économiser les mouvemens qui servent dans les presses ordinaires à donner la pression, comme la pédale, etc. En effet, lorsque, sollicité par la sangle, le chariot est amené sous le râteau, sa partie . amincie de G en H passe sur le cylindre, sans qu'il en résulte aucune pression ; et ce n'est qu'au moment où le ressaut H vient le toucher, que celui-ci fait lever le chariot à mesure qu'il tourne, et presse alors la pierre contre le râteau. Il suffit donc de tourner le moulinet pour opérer à la fois la pression et le tirage. I , sangle attachée sous le chariot au point K (Fig. 2), afin que celui-ci puisse passer par-dessus l'arbre du moulinet. De cette manière, la partie de la presse comprise entre le cylindre et le moulinet, n'a pas besoin d'être aussi longue que si elle était attachée à l'extrémité G du chariot, comme cela a lieu habituellement. Cette sangle se loge dans la rainure L, creusée dans le cylindre, afin de ne pas produire une augmentation d'épaisseur. Elle vient ensuite s'enrouler sur l'arbre M, à l'extrémité duquel se trouve fixé le moulinet N. O, porte-rateau en fonte, qui a un mouvement de bascule autour du boulon P; tandis qu'un autre mouvement de charnière autour du boulon Q, permet à sa partie inférieure de venir en avant du côté du chariot, ainsi que je l'ai indiqué par des lignes ponctuées sur la coupe fig. 2. Il est maintenu dans la direction transversale par les tourillons B, B, qui se trouvent sur le même axe que le boulon Q et peuvent

monter et descendre dans les échancrures S, S. La partie inférieure qui porte le râteau s'appuye contre les liteaux T, et est retenue par ceux-ci, malgré l'effort que fait le chariot pour l'entraîner du côté du moulinet. Z râteau; il n'a qu'un demi-pouce d'épaisseur et 1 1/2 à 2 pouces de haut, et se trouve enfoncé à frottement dans une rainure pratiquée dans le porte-rateau. Afin de mieux l'y maintenir, on le garnit d'un peu de papier. La pièce entière est supportée par la vis U, qui passe dans l'écrou V, ajusté à collet dans la traverse en bois W. X (Fig2), poids destiné à ramener le chariot à sa place. Il agit sur la corde a attachée par une de ses extrémités à la traverse b. L'autre extrémité passe sur la poulie c, traverse le fond du chariot en d, et y est retenue par un noeud qui se loge dans une petite cavité e creusée dans son épaisseur.

M. Quinet fait aussi des presses dans lesquelles il remplace le bâtis en bois A, par des supports en fonte. Une de ces presses est représentée, Pl. XXII.

Manœuvre.

En plaçant la pierre dans la presse, l'imprimeur doit avoir soin de l'y fixer de manière â ce que la partie où doit commencer le tirage, se trouve perpendiculairement au-dessus du ressaut TI. Après l'avoir encrée et avoir posé le papier, il ferme le châssis. Alors il met le moulinet en mouvement : d'abord le chariot s'avance sans pression sous le râteau jusqu'au point où la pression doit commencer; là il est soulevé par le ressaut H et pressé contre le râteau. L'ouvrier continue à tourner le moulinet jusqu'à ce qu'il soit arrivé au point où la pression doit cesser. Alors il lâche le moulinet, et le chariot, sollicité en sens inverse par le poids X, emmène avec lui la partie inférieure du porte-rateau qui glisse légèrement sur le cuir sans opposer de résistance.

Observations.

11 est facile de se convaincre que, par la disposition de cette presse, il se trouve plusieurs mouvemens d'économisés , et que son action est plus prompte que celle des presses à moulinet ordinaires. Je la regarde comme préférable à cellesci pour le tirage des écritures et autres planches à l'encre, qui n'exigent pas une forte pression, et pour lesquelles la promptitude de ses mouvemens présente une économie sensible. Elle parait aussi construite principalement pour cet usage, car le porte-rateau et la vis qui le supporte seraient trop faibles pour soutenir un tirage sous une forte pression. Je reprocherai de plus à cette presse de manquer d'élasticité. Il est vrai que pour parer en quelque sorte à cet incon-

vénient, M. Quinet fait porter les coussinets qui supportent le rouleau Y, sur des piles composées de morceaux de carton poses les uns sur les autres, et qui se refoulent par la pression; mais je doute que l'élasticité qu'ils offrent fût suffisante s'il s'agissait de tirer une pierre d'épaisseur inégale.

Une disposition qui peut devenir gênante dans quelques cas, c'est que la pierre doit toujours être placée au-dessus du ressaut H, avec la partie où la pression doit commencer. Si donc une pierre avait une marge très-large , on ne pourrait l'imprimer sur cette presse. Si au contraire la marge était très-étroite, il pourrait se présenter un autre inconvénient; car, si au moment où le ressaut commence à faire monter le chariot, le râteau ne se trouvait pas déjà au-dessus de la pierre même, celle-ci viendrait se placer sur le devant du râteau, qui s'enfoncerait dans l'espace vide, derrière la pierre, au lieu de poser dessus, et il serait impossible de faire avancer le chariot. Je regrette aussi de ne point trouver dans la presse de M. Quinet un butoir qui arrête le chariot au point où la pression doit cesser.

En résumé, je pense que dans un atelier qui contient un certain nombre de presses, quelques-unes de ce système seraient fort utiles pour y tirer les travaux d'écriture, qui s'y adaptent avantageusement et demandent de la célérité; mais une personne qui ne voudrait qu'une seule presse, sur laquelle elle se proposerait d'imprimer tous les ouvrages qui se présentent, fera bien de lui préférer une presse à moulinet.

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