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DU PRIX DE TIRAGE A LA PIECE DES PLAMCUES EXÉCUTÉES A LA PLUME

Format în-plano ou feuille entière.

Prix dn cent tiré d'an cAté.

Colombier, 1 fr. 50 c.

Jésus, 1 25

Grand-raisin , 1 »

Carré, coquille, » 75

Ecu , » 60

Couronne, tellière, pot, etc. » 50

In-folio ou demi-feuille.

Colombier, » 75

Jésus, » 60

Grand-raisin , » 50

Carré, coquille, écu, » 40

Couronne, tellière, pot, etc., » 30

In-quarto ou quart de feuille.

Colombier, » 40

» deux quarts de feuille à poser, » 75

Jésus, » 35

» deux poses , • 60

Grand-raisin, » 30

» deux poses, » 50

Carré, coquille, écu, couronne, tellière, pot, etc., » 30 » » » » » » deux

poses, » 50

In-octavo ou huitième de Jeuille.

Prix du cent tir* d'nu côte.

Colombier,

» lr.

'la „

» deux poses,

Jésus,

» deux poses,

Grand-raisin, carré, coquille, écu, couronne,

etc. , j>

deux poses, »

Adresses et cartes de visite,

» deux poses,

Augmentation jxnir chaque pose en sus,

Avec ce tarif, un ouvrier actif, qui travaille 10 heures par jour, gagne de 15 à 18fr. par semaine. C'est d'ailleurs à chaque chef d'établissement de le diminuer ou de l'augmenter suivant le prix de la main-d'œuvre dans sa localité. Par exemple, pour Paris, il devrait être doublé; car dans cette ville, les imprimeurs lithographes sont accoutumés à gagner 30 à 30 fr. par semaine.

Il est bien entendu que le tarif ne s'applique qu'aux ouvrages courans, tels qu'ils se présentent ordinairement. Mais pour des planches plus difficiles à tirer, telles que cartes géographiques, objets accompagnés de dessins très-soignés, planches dans lesquelles se trouvent mêlés des travaux gravés, etc., et qui exigent d'être encrées avec plus de soin, il faudra nécessairement augmenter les prix proportionnellement à la difficulté.

Si ce tarif tombe sous les yeux d'autres personnes que des imprimeurs lithographes, elles auraient tort de vouloir s'en prévaloir pour obtenir de ceux-ci des prix plus réduits que ceux qu'ils ont coutume de faire; car outre ces frais directs de tirage, l'imprimeur a une quantité de faux frais qui dépassent ordinairement ceux de la paie des ouvriers, et dont il doit également se récupérer sur les épreuves qu'il livre au public.

Séchage et satinage.

Pendant le tirage, l'ouvrier empile les épreuves, à mesure qu'il les obtient. S'il travaille avec de l'encre ferme, ou si le dessin qu'il imprime n'est pas très-chargé de noir, il n'j a aucun inconvénient à les poser immédiatement les unes sur les autres. Mais si on se sert de couleur faible, et que les dessins présentent de grandes masses de noir, on est quelquefois obligé de placer une feuille de papier, c'est-a-

dire une maculature, entre chaque épreuve, afin de garantir les revers de la salissure que leur causerait la contre-impression du noir trop frais de l'épreuve placée au-dessous. Cet inconvénient a lieu surtout lors du tirage des pierres gravées qu'on imprime avec du vernis faible, et où la coideur se trouve en relief sur le papier.

Les imprimeurs en taille-douce, dont les épreuves sont plus délicates et déteignent plus facilement que les lithographies, les placent entre des cartons et les y laissent sécher un jour ou deux. Us retirent ensuite les épreuves des cartons pour les mettre dans la presse à satiner, et ils font sécher ces derniers sur des étendages dans une étuve. Ce procédé occasionne une. assez forte dépense par la grande provision de cartons qu'elle exige; mais il offre l'avantage d'empêcher toute maculature, et de conserver les épreuves bien plates pendant le séchage.

Ordinairement on suspend les épreuves lithographiques sur des cordes de crins, ou mieux encore, sur des lattes arrondies, pour éviter un pli trop marqué ; ces lattes sont disposées dans l'atelier à peu près à un pied du plafond. Pour y suspendre les épreuves, on se sert d'une espèce de règle placée à l'extrémité d'un bâton d'une longueur proportionnée à la hauteur de l'atelier (planche xlix , fie. 4). Malgré le satinage qu'on fait subir plus tard aux feuilles ainsi suspendues, le pli formé par leur séjour sur les cordes ou les lattes ne disparaît souvent pas en entier. Si on peut disposer d'une place convenable, il est bien préférable de former dans un grenier, par exemple, ou même dans une place perdue de l'imprimerie, des étendages composées d'un filet, d'une toile très-claire, comme celles dont se servent les tapissiers pour poser sous les papiers peints, ou même seulement de ficelles, tendues horizontalement sur des châssis. On peut en faire plusieurs étages à 8 ou 10 pouces de distance les uns des autres, et c'est là qu'on place les épreuves à plat, par petits paquets de 5 ou (î. Ces étendages sont surtout très-commodes pour les petits objets, tels que cartes, lettres de change, étiquettes, etc., qu'on ne pourrait dans aucun cas suspendre sur les cordes.

Lorsque les épreuves sont sèches, elles ont encore une opération à subir, et qui a pour but de les redresser et de leur rendre l'apprêt qu'elles ont perdu par le mouillage. Cette opération s'appelle satinage; on y procède au moyen de fortes presses à vis en fer, ou de presses hydrauliques. Ces dernières présentent le moyen de produire avec peu d'effort une pression considérable; mais ordinairement elles ont le défaut de ne pas soutenir la pression, et on est réduit à caler le plateau avec des coins en bois pour le maintenir dans sa position pendant le temps nécessaire. En outre, les réparations aux presses hydrauliques, sont difficiles et

dispendieuses; tandis qu'elles sont à peu près nulles pour une presse à vis de fer, solidement construite. Mon opinion est donc qu'on doit donner la préférence à ces dernières.

Il faut avoir une provision de cartons lissés de différens formats, proportionnée à l'importance de l'imprimerie. Les meilleurs cartons de ce genre se fabriquent à Vienne, en Dauphiné. On place les épreuves une à une, ou bien deux à deux, en ayant soin de tourner le revers d'une épreuve contre celui de l'autre, afin d'éviter qu'ils ne se salissent mutuellement, si l'empreinte n'est pas complètement sècbe.

Voici, du reste, la manière de procéder à cette opération. On commence par placer sur le sommier de la presse, un ais en bois bien dur; ensuite un carton lissé, puis une épreuve ou deux, ainsi que je l'ai «lit ci-dessus; ensuite un second carton et toujours ainsi , en alternant les cartons et les épreuves, jusqu'à ce que toutes celles d'un même format soient empilées. Alors on place de nouveau un ais avant de continuer à mettre en presse des épreuves d'une autre dimension; car on concevra aisément, que si on plaçait immédiatement des épreuves d'un petit format sur une pile d'épreuves plus grandes, le bord de cellesci ne se trouverait pas pressé. Il n'est pas besoin de dire que, lorscpi'on veut satiner des demi-feuilles ou des quarts de feuilles, on en place deux on quatre, les unes à coté des autres, pour remplir les cartons. Mais alors, il faut avoir soin de les placer bien perpendiculairement les unes au-dessus des autres, pour obtenir une pression égale partout. Pour les objets de moindre importance, tels que lettres de voitures, notes et autres impressions courantes, on peut les placer par paquets de 25 épreuves entre les cartons; mais il faut pour cela que ces épreuves soient bien sècbes et ne maculent plus. Lorsqu'on a placé ainsi sous la presse toutes les épreuves qu'on vent satiner, on la serre fortement, et on la laisse dans * cette position au moins une demi-journée. Si on peut la laisser plus longtemps, cela ne vaut que mieux.

Pour que les épreuves sur papier fort deviennent bien lisses et perdent leurs plis, il faut quelquefois les humecter avant de les mettre sous presse; mais on doit le faire bien légèrement, afin qu'elles sèchent entre les cartons. Si elles étaient encore humides en les retirant de la presse, il faudrait les y remettre en les plaçant entre de nouveaux cartons secs. Si on a tire une petite planche sur une grande feuille de papier, le milieu de la feuille qui a passé sous le râteau se trouve allongé par la pression, tandis que les marges n'ont pas changé de dimension. Si on mettait les épreuves sous presse en cet état, il se formerait immanquable-

ment des plis. 11 faut doue avoir soin d'humecter légèrement les marges, afin qu'elles s'allongent proportionnellement au reste de la feuille.

Lorsqu'on a satiné des épreuves humides, il faut faire sécher les cartons sur des étendages, avant de les remettre en presse. C'est par ce motif qu'il est nécessaire d'en avoir une provision double de la quantité qu'on emploie chaque jour.

Ordinairement, on ne peut pas attendre que les épreuves soient entièrement sèches avant de les mettre sous presse, et alors elles maculent sur les cartons. Si on en remettait de nouvelles entre ces cartons, ces maculaturcs se reproduiraient nécessairement sur les épreuves. Pour éviter cet inconvénient, il faut essuyer chaque carton en le frottant fortement, soit avec un paquet de papier de soie, soit avec un linge, avant d'y remettre de nouvelles épreuves. Si le simple frottement n'enlevait pas les empreintes qui se trouvent sur les cartons, il faudrait y passer une éponge légèrement humide, avant de les frotter avec le linge.

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