SEI.S
On a donné le nom de sel à tout corps qui résulte de la combinaison d'un acide et d'un oxide. La pierre lithographique par exemple est un sel, parce qu'elle est formée d'acide carbonique et de chaux. C'est pour cela qu'eHe porte en chimie le nom de carbonate de chaux. Le salpêtre, dont le nom chimique est nitrate de potasse, est aussi un sel , composé d'acide nitrique et de potasse.
Quelques sels sont appelés doubles, parce qu'il entre deux oxides dans leur composition. Tel est l'alun, qui est composé d'acide sulfurique, de potasse et d'alumine ( i > Aussi porte-t-il en chimie le nom de sulfate d'alumine et de potasse.
Il peut arriver qu'un sel contienne un excès d'acide. Alors il rougit la teinture bleue de tournesol , et jouit en général des propriétés des acides. Si on fait dissoudre un peu d'alun cristallisé dans l'eau , le liquide qu'on obtiendra rougira le tournesol. Tous les sels qui sont dans ce cas sont appelés sels acides. D'autrefois, c'est le contraire qui a lieu, c'est-à-dire que l'oxide prédomine. Alors on a un sel avec excès de base. Tels sont le carbonate de potasse et le carbonate de soude, qu'on vend dans le commerce sous les noms de potasse et de soude. Il est facile de s'assurer que leur dissolution ramène au bleu le tournesol préalablement rougi par un acide. Les sels neutres sont ceux qui ne manifestent ni les propriétés des acides, ni celles des oxides. Le sulfate de chaux (gypse) est un sel neutre.
( i ) L'alumine , ou oxide A'alttminium , est une matière trè*-répiindue dans la nature. FJlc forme la base de toutes le» arple*.
Carbonate de chaux
Carbonate de potasse. Carbonate de soude.
J'ai déjà parlé de ces deux sels. Ce qui précède contient tout ce (pie le lithographe a besoin de savoir à leur égard.
Carbonate de chau.t.
C'est un des corps les plus répandus dans la nature. Pur, ou mêlé à quelques matières étrangères, il constitue les diverses espèces de marbres, la craie, la pierre à chaux, la pierre lithographique, etc. Insoluble dans l'eau, il se dissout facilement dans les acides, et il importe d'étudier l'action chimiqne qui a lieu dans ce cas. Supposons qu'on fasse usage d'acide nitrique. Nous représenterons encore cette action par un tableau.
Acide nitrique (a).
acide carbonique chaux (a), (a) Nitrate de chaux.
L'acide nitrique (a) s'empare de la chaux (a) du carbonate de chaux, et forme du nitrate de chaux (a), qui se dissout à mesure qu'il prend naissance. Alors, l'acide carbonique, qui devient libre, s'échappe à l'état de gaz, et donne lien à une vive effervescence. Il est facile de faire cette expérience en mettant un morceau de pierre lithographique dans un verre , et en versant dessus de l'acide nitrique étendu d'eau.
Sulfate de chaïuc.
Ce sel est aussi très-abondant dans la nature. Il porte communément le nom de gypse» et on eu extrait le plâtre par la calcination. Il est un peu soluble dans l'eau; mais les acides ne le décomposent pas, comme ils décomposent le carbonate de chaux. Le lecteur devra se rappeler plus tard cette circonstance.
Alun.
Il n'y a que quelques années encore que les personnes qui emploient l'ahui, donnaient la préférence à celui de Rome, qu'on payait beaucoup plus cher que le nôtre. Cette préférence était fondée; car alors notre alun était très-impur. Mais les procédés de fabrication se sont tellement perfectionnés dans ces derniers temps, qu'il n'est plus un seul cas, où on ne puisse employer l'alun de France. Ce sel se rencontre rarement tout formé dans la nature, et celui qu'on trouve dans le commerce est presque toujours un produit de l'art. Je ne pense
pas qu'il soit nécessaire de décrire ici les procédés qu'on emploie à sa fabrication. Ce qu'il importe surtout au lithographe de se rappeler, c'est la composition chimique de l'alun (pageSfà), et la propriété qu'il a d'être un sel acide.
L'alun le plus commun qui se trouve dans le commercé, est cristallisé en grandes masses. Le plus fin, dont le prix est plus élevé, se trouve en |>etits cristaux réguliers. L'alun cristallisé est blanc, transparent, d'une saveur acide trèsprononcée. Exposé à l'air, il se recouvre au bout de quelque temps d'une efflorescenec blanche. Il est beaucoup plus soluble dans l'eau chaude que dans l'eau froide. Pour dissoudre un kilog. d'alun, il faut 20 litres d'eau à 15 degrés, ou 1 «/i litre d'eau bouillante.
Salpêtre.
Le salpêtre, ou nitrate de potasse, qu'on appelle aussi quelquefois vulgairement nitre, ou sel de nitre, se forme spontanément dans différentes contrées, telles que l'Espagne, l'Egypte, l'Amérique méridionale, et surtout l'Inde. En France et dans d'autres pays, on se le procure par des procédés chimiques assez compliqués, dont la description serait inutile ici. Quoique ce sel cristallise facilement, on le vend ordinairement en poudre. Sa saveur est fraîche, salée, piquante : il excite fortement la salivation. Il est très-soluble dans l'eau : beaucoup plus à chaud qu'à froid. 11 fuse sur les charbons incandescens, et facilite la combustion des corps avec lesquels on le mêle. C'est pour cela qu'on le fait entrer dans la composition de la |x>udre.
COnPS NEUTRES.
On appelle neutres ou indifférais, les corps qui n'ont aucune tendance à se combiner avec d'autres. Cette classe est la plus nombreuse, et renferme un grand nombre de substances dont le lithographe fait souvent usage.
Noi.v de. galles.
Ce sont des excroissances arrondies qui se forment sur les feuilles de diverses espèces de chênes, par suite de la piqûre d'un insecte. Les chênes de nos pays produisent une grande quantité de noix de galles; mais elles ne sont pas employées, ou du moins elles le sont peu, à cause de leur qualité inférieure à celle des galles qu'on récolte dans l'Asie-Mineure, surtout dans les environs d'Alep.
Les galles du commerce se distinguent en plusieurs sortes, dont la plus esti-
mée, appelée gtdle noire ou galle a* Alep , est d'une couleur brune-verdâtre à l'extérieur, et hérissée de petites éminences. \j\ galle blanche est celle qu'on a laissée trop longtemps sur l'arbre. Elle est blanchâtre, légère, et d'une valeur moindre.
Les noix de galles contiennent une forte proportion de tannin et d'aride gailique. Elles sont très-astringentes. La base de l'encre ordinaire à écrire est une infusion de noix de galles, mêlée à du sulfate de fer (vitriol vert). Ainsi la couleur de l'encre est d'origine végétale, et c'est pour cela que le chlore peut la détruire. ( Voir l'art, chlore.)
Gomme.
Il existe plusieurs espèces de gommes. On désigne en général sous ce nom une substance végétale, solide, de couleur variable, plus ou moins transparente, plus ou moins soluble dans l'eau, d'une saveur fade, cassante et facile à réduire en poudre. La dissolution de la gomme dans l'eau, surtout lorsqu'elle est un peu .concentrée, présente beaucoup de viscosité, et devient très-diflicile à filtrer. Etendue sur une surface, elle forme, par sa dessiccation, une couche d'un vernis solide et transparent, qui ne se ramollit pas à la température ordinaire.
Dans le commerce, on confond sous la dénomination générale de gommes, des substances qui n'ont aucune analogie avec les gommes véritables, comme la gomme élémi, la gomme copale , h gomme ammoniaque, la gomme gui te, la gomme élastique, etc. Il existe six espèces de gommes véritables. 1° La gomme arabique; 2° la gomme sénégal ; 3° la gomme des arbres fruit iers à novaux, dite gomme du pays; 4° la gomme adraganthe; 5° la gomme de Bassora; 6° la gomme de graines et de racines. Les cinq premières découlent spontanément des branches et du tronc des arbres qui les contiennent, quelquefois même du fruit, sous forme d'un mucilage qui peu à j>eu se dessèche et se durcit à l'air. Les gommes de graines et de racines s'extraient par l'eau bouillante. Plusieurs gommes sont solubles dans les alcalis, et forment avec ces corps de véritables sels; car alors ces gommes agissent comme des acides. Cependant il n'y a pas saponification véritable; c'est-à-dire qu'il n'y a pas formation d'acides gras. ( Voir l'article savon.) Cette observation est essentielle pour la théorie de l'art lithographique.
La gomme arabique a été longtemps la plus importante de celles qu'on trouvait dans le commerce; mais ce qu'on vend aujourd'hui sous ce nom, consacré par un long usage, n'est autre chose que de la gomme sénégal. Dans l'origine, la gomme arrivait de l'Arabie en Europe par l'Egypte; mais depuis (pie les Hol-
landais nous ont fait connaître la gomme sénégal, celle-ci a obtenu la préférence, et le nom à peu près seul de la première est resté dans le commerce, où on ne trouve qu'assez rarement une véritable gomme arabique.
Cette gomme découle de Yacacia arabica et de Yacacia vera, qui croissent sur les bords du Nil et en Arabie. Elle se présente sous forme de petites masses arrondies d'un côté et creuses de l'autre. Elle est transparente, inodore, cassante, facile à pulvériser, tantôt sans couleur, et tantôt colorée en jaune, ou même en rouge brun. Lorsqu'on bumeetc légèrement la gomme arabique, elle rougit le papier bleu de tournesol, propriété qu'elle doit à la présence d'un sel de chaux contenant un excès d'acide (i).
La gomme sénégal, qu'on trouve ordinairement dans le commerce en morceaux gros comme des noisettes, provient de Yacacia senegal, et se récolte après la saison des pluies. Les pluies commencent en Juillet au Sénégal et finissent dans les premiers jours d'Octobre. L'eau , qui tombe alors pas torrents, développe sur la terre, auparavant aride, une riche végétation , dont nos contrées ne peuvent offrir l'équivalent. A ces pluies succède un vent d'Est très-chaud, qui dessèche de nouveau les plaines, et qui acquiert sa plus grande intensité en Décembre et en Janvier, où il devient suffocant. C'est à cette époque que le tronc du gommier se crevasse, et donne passage à la séve élaborée i>eu auparavant. Le liquide qui découle alors, est d'une limpidité parfaite. Au bout d'une trentaine de jours, il s'est converti, par la dessiccation, en une matière dure, cassante, qui n'est autre chose que la gomme. C'est alors qu'on la récolte.
La gomme sénégal en sorte, telle qu'elle nous arrive dans le commerce, est composée de morceaux de formes diverses, mais en général arrondie, et d'une couleur qui varie depuis le blanc parfait jusqu'au rouge-brun. Elle contient aussi des masses plus ou moins volumineuses, appelées marrons, qui sont formées par l'agglomération de petits morceaux d'une gomme molle, auxquels sont agglutinés des débris d'écorce, et d'autres impuretés. On rencontre aussi dans cette gomme en sorte, des fragmens de bdelhum, espèce de gomme résine, dont la surface est comme effleurie, la cassure terne, et la saveur amère; insoluble et devenant blanche par l'action de l'eau.
Toutes les espèces de gommes sont loin d'être également solubles, et on rencontre même dans le commerce différentes variétés de gomme sénégal, qui se
\ 1 1 Le malalc acide de cJiaux.
distinguent les unes des autres sous ce rapport. Quelques-unes se dissolvent trèsbien, tandis que d'autres au contraire laissent toujours déposer un sédiment visqueux. Selon Vauquelin , cette portion qui se sépare doit son insolubilité à la présence d'un sel calcaire (malate de chaux), peu ou point soluble. L'expérience démontre en effet que toutes les gommes contiennent des quantités variables de chaux, et qu'elles sont d'autant moins solubles, qu'elles en renferment davantage.
Lorsqu'on traite la gomme parles alcalis faibles, elle forme des composés qui ont d'abord l'aspect du lait caillé, et qui se dissolvent ensuite. Elle s'unit aussi à plusieurs oxides, comme la chaux, l'oxide de plomb, etc. Elle donne lieu alors à des produits insolubles dans l'eau; mais généralement solubles dans certains acides et dans les alcalis concentrés. La gomme se combine aussi facilement avec plusieurs sels, notamment ceux de plomb, de fer, de chaux, etc. 11 en résulte aussi des composés insolubles dans l'eau ; mais solubles dans quelques acides et dans les alcalis peu étendus d'eau.
La gomme qui se vend en poudre , est quelquefois falsifiée avec de l'amidon ou de la farine de froment. La fraude est facile à reconnaître. 11 suffit de mettre une pincée de cette gomme dans une petite quantité d'eau froide, et d'agiter quelques instants; la gomme se dissout promptement, et la farine ou la fécule se précipite au fond du vase. On peut aussi reconnaître la présence de la fécule au moyen de l'hydriodate de potasse, qui donne avec elle une couleur bleue.
l,a gomme est insoluble dans l'alcool. Si on verse de l'esprit-de-vin dans une dissolution de gomme, celle-ci se précipite à l'instant même, et la liqueur devient laiteuse.
La gomme qui découle, dans nos contrées, des pruniers, des cerisiers et autres arbres à noyaux, et qu'on appelle gomme du pays, se rapproche beaucoup des précédentes, par ses propriétés physiques; mais elle se délaye dans l'eau plutôt qu'elle ne s'y dissout. On n'en fait usage que dans des opérations un peu grossières.
La gomme adraganthe nous vient de l'île de Crète et des îles environnantes. Elle a l'aspect de petits rubans entortillés; elle est blanche ou rougeâtre, difficile à réduire en poudre, peu soluble dans l'eau, à laquelle elle communique beaucoup de consistance; aussi s'en sert-on avec avantage pour faire des mucilages ( solution épaisse de gomme dans l'eau). Cette dernière propriété pourrait bien la faire employer un jour en Lithographie; car, ainsi que je le ferai
Copal.
Le copal, ou résine copale, provient de différentes espèces d'arbres, qui croissent en Amérique, dans les Indes-Orientales et sur les côtes de la Guinée. Cette résine se vend quelquefois en morceaux incolores ou légèrement jaunâtres ; d'autres fois elle est d'un jaune-brun, et alors moins pure. Elle est dure, inodore et insipide. Exposée au feu, elle entre en fusion, bout, répand des vapeurs aromatiques et s'altère. Dans son état ordinaire, elle est peu solnble dans l'alcool pur; mais lorsqu'on la fait bouillir avec ce liquide, elle se gonfle et se transforme en une substance visqueuse et élastique. On prétend qu'on facilite sa dissolution en la suspendant dans un vase au-dessus de ce liquide, qu'on maintient à l'état bouillant, de manière qu'elle plonge dans la vapeur. Alors elle fond peu à peu et tombe goutte à goutte dans la liqueur qui la dissout. Ce procédé réussit surtout , dit-on , quand on ajoute un peu de camphre à l'alcool. Cependant, on n'obtient pas un égal résultat avec toutes les espèces de copal : ce qui indique que cette matière n'est pas toujours identique dans le commerce.
Si on laisse de la résine copale dans de l'étber, jusqu'à ce qu'elle se soit gonflée au point de produire une masse sirupeuse, épaisse; qu'on la chauffe alors jusqu'à l'ébullition , qu'on la mêle avec de petites quantités d'alcool chaud, et qu'on agite le tout, la résine se dissout en une liqueur limpide, qu'on peut ensuite étendre avec de l'alcool autant qu'on veut. Ees alcalis caustiques dissolvent facilement le copal, surtout à chaud.
Une fois fondu à l'aide de la chaleur, le copal acquiert des propriétés tout autres que celles qu'il avait auparavant. Pendant la fusion, il abandonne de l'eau et une huile volatile, et il devient alors soluble dans l'alcool et dans l'essence de térébenthine, qui ne pouvaient pas le dissoudre à froid. Lorsqu'on mêle la dissolution à l'essence avec de l'huile siccative, on obtient un vernis dur, incolore et transparent. Le meilleur moyen d'obtenir cette dissolution parait être d'introduire le copal, en morceaux de la grosseur d'un pois, dans un flacon à fond mince, qu'on attache à l'extrémité d'un bâton, et qu'on expose au-dessus d'un feu de charbon , à une douce chaleur, jusqu'à ce que le copal soit fondu , sans cependant devenir brun. D'un autre côté, on chauffe de l'huile de térébenthine jusqu'au point où on ne puisse plus la toucher, et on la verse, par petites portions, dans le flacon qui renferme le copal fondu, en ayant soin de bien agiter le mélange. Si on ajoutait toute l'huile à la fois, le copal se coagulerait et cesitrait d etre soluble.
Cependant Watiu (i) ne croit le copal soluble que dans les huiles grasses, et M. Mantoux, dans sa recette d'encre lithographique, ajoute de l'huile d'olive, pour dissoudre le copal. Je rappellerai la méthode de Watin.
L'huile qu'on emploie, soit pour dissoudre les résines, soit pour incorporer aux résines déjà dissoutes, doit être parfaitement dégraissée , quoiqu'elle soit connue dans le commerce, sous le nom très-impropre d'/««/e grasse. Pour la préparer, on met 16 grammes (une demi-once) de litharge, autant de céruse calcinée, autant de terre d'omhre et autant de talc (a), dans 500 grammes (une livre) d'huile de lin, qu'on fait bouillir à un feu doux et égal, pendant près de deux heures en remuant souvent, de peur que l'huile ne noircisse. Quand elle mousse, il faut l'écumer, et lorsque l'écume commence à devenir plus rare et rousse, l'huile est suffisamment cuite et dégraissée. On retire du feu, on laisse déposer et on décante la partie claire pour l'usage.
Pour dissoudre le copal, on le met dans un pot de terre vernissé, surmonté d'un couvercle. On le place sur un feu de charbon pour le faire fondre. On reconnaît que la fusion est achevée, lorsque la résine cède facilement à une spatule de fer, et que celle-ci en découle goutte à goutte. Lorsqu'on veut y incor|K>rer l'huile, il faut qu'elle soit très-chaude, et près «le bouillir. On doit la verser peu à peu, en remuant avec la s]>atulc; puis on laisse prendre au mélange quelques bouillons sur le feu. Si on veut rendre le mélange plus liquide, on peut y ajouter de l'essence de térébenthine, après qu'il est un peu refroidi, et le tenant loin du feu. On obtient ainsi du vernis de copal.
Huiles.
Je ne parlerai ici que des huiles qu'il importe au lithographe de connaître. Les corps qui sont désignés sous ce nom générique en chimie ou dans le commerce, sont nombreux; mais la plupart sont complètement étrangers au sujet que je traite. Les huiles dont l'étude intéresse le lithographe, sont des liquides provenant de végétaux, et qu'on en retire par des procédés que j'indiquerai tout à l'heure. Elles sont généralement grasses, onctueuses au toucher, visqueuses, coulant avec moins de facilité que l'eau. Soumises à un froid qui varie pour cha-
(i) Art du peintre doreur, etc.
(aj Je pense qu'on réussirait tout aussi bien, en remplaçant toutes ces matières par 64 gramme». ( deux onces ) de litharge «n iwudre fine.
cune d'elles, mais qui est toujours dans les environs du zéro du thermomètre, presque toutes se figent. Toutes sont plus légères que l'eau , et insolubles dans ce liquide; elles sont susceptibles de s'enflammer plus ou moins promptement par le contact d'un corps en ignition.
On distingue deux genres d'huiles. Les unes sont fades ou presque insipides, inodores, visqueuses: ce sont les huiles grasses, douces ou fixes; les autres n'ont point de viscosité, sont caustiques et volatiles; elles sont caractérisées par une odeur toujours forte; tantôt suave, tantôt désagréable. Elles portent le nom à' huiles volatiles, A' huiles essentielles, ou simplement d'essences. Les premières s'emploient plus souvent, et surtout en quantités bien plus considérables. Parmi les secondes, les essences de térébenthine et de lavande sont les seules dont on fasse usage en lithographie. On distingue facilement les huiles fixes des huiles volatiles. Il suffit pour cela, de faire avec l'huile à essayer, une- tache sur un morceau de papier; si la tache disparait d'elle-même au bout de peu de temps, l'huile est volatile; si au contraire la tache se maintient, l'huile est fixe. Les huiles fixes peuvent supporter une chaleur de 250 à 300 degrés sans se volatiliser sensiblement, et, si on continue à chauffer, elles se décomposent à une température plus élevée. Les autres se volatilisent à une chaleur de 150 à IfiO degrés, et même à la température de l'eau bouillante.
Lorsqu'on expose des huiles fixes à l'action de l'air, elles perdent peu à |>eu leur liquidité, s'épaississent et quelquefois se durcissent. Celles qui se durcissent ou qui s'épaississent au point de ne plus tacher le papier, qui forment alors unisorte de vernis, sont dites siccatives; telles sont les huiles de lin, de noix, etc. Les huiles d'olive, de colza, etc. sont non siccatives. On peut amener immédiatement les huiles siccatives à l'état dont je viens de parler, au moyen d'un procédé fort simple, que j'indiquerai tout à l'heure, en parlant de l'huile de lin. Ce changement d'état à l'air, est dû à l'absorption d'une certaine quantité d'oxigène, quantité qui, d'après les expériences deïhéod. de Saussure, peut aller jusqu'à cent quarante-cinq fois le volume de l'huile. De même que les substances végétales, 1 huile est composée d'oxigène, d'hydrogène et de carbone. Une partie de l'oxigéne absorbé à l'air, le sixième environ, se combine avec une portion du carbone de l'huile, et forme de l'acide carbonique qui disparaît à l'état de gaz. Les autres cinq sixièmes d'oxigène demeurent dans l'huile, qui se trouve ainsi avoir changé de nature.
MM. Chevreul et Hraconnot ont fait voir (pie les huiles fixes sont composées de deux substances distinctes; l'une liquide, appelée oléine; l'autre solide, appelé
lée sléarinc. On peut séparer ces deux substances en enfermant, par exemple, de l'huile d'olive figée, dans plusieurs doubles de papier non collé, et en la soumettant à l'action de la presse. La partie solide (stéarine ) reste dans le papier, qui s'imbibe de la partie fluide ; oléine). Celle-ci parait être plus abondante dans les huiles que la première, comme on peut en juger par les résultats suivans, obtenus par M. braconnot. Selon cet habile chimiste, 100 parties d'huile ci-après désignées, contiennent